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Jacques Kotoujansky 17 août 2007 23:49
Jacques Kotoujansky

Chère Madame,

JE VOUS POSE LA QUESTION : POURRIEZ-VOUS êTRE ASSEZ HONNêTE POUR NOUS éCRIRE LES GRANDES LIGNES DE VOTRE PARCOURS PROFESSIONNEL ? J’AI L’IMPRESSION QUE POUR VOUS COMPRENDRE UN PEU MIEUX DANS VOS PEURS, IL FAUT MIEUX VOUS CONNAîTRE. LE FAIT QUE VOUS SOYEZ UN ALSACIEN CERTAINEMENT âGé PEUT FAIRE « COMPRENDRE » VOTRE PEUR DE L’ALLEMAGNE, CE GRAND VOISIN QUI A SI SOUVENT éTé EN CONFLIT AVEC LA FRANCE. ---> je ne suis pas si âgé : 54 ans. Je vis en Alsace depuis 1978, après un succès au concours de l’internat des hôpitaux, venant de Paris. L’allemand était la langue maternelle de ma mère, qui appartenait à l’émigration russe ayant fait escale à Berlin venant de Moscou, avant de rejoindre Paris en 1939. Je suis marié à une Alsacienne de pure souche, fille d’agriculteurs d’un village du Kochersberg (ouest de Strasbourg), dont l’alsacien est la langue maternelle et la langue qu’elle parle tous les jours dans son travail. Ma femme, qui a fait des études universitaires, a appris le français à l’école à l’âge de 6 ans ; elle parle l’allemand ni mieux ni moins bien qu’un Français « de l’intérieur » l’ayant étudié avec un tant soit peu d’assiduité au lycée et ayant fait quelques séjours outre-Rhin. Ceci pour répondre aux ignorants ou aux gros malins qui voudraient faire croire que les Alsaciens sont « bilingues » (ils le sont, mais... en alsacien, langue que ne comprennent absolument pas les Allemands en général, et encore moins les Chinois...) Ma belle-famille, essentiellement des agriculteurs, dont l’un exerce d’éminentes responsabilités dans le monde de la coopération agricole et au Conseil économique et social à Paris, sont comme l’immense majorité des Alsaciens dialectophones : heureux de parler entre eux le dialecte, très attachés à sa pratique, mais ne revendiquant rien agressivement vis-à-vis des Français « de l’intérieur », pour le moment. Mais il est vrai que le dialecte s’éteint auprès des jeunes générations ; pour le vivifier, il faut developper l’enseignement de la langue régionale comme première langue vivante, indépendamment de l’allemand. Aller au-delà - allemand/alsacien (le premier appelé immanquablement à faire disparaître le second) dans l’espace public -, c’est remettre en cause l’unité nationale, c’est créer des droits collectifs, car les dialectophones/germanophones deviendront des ayant-droit de première classe, et les autres de deuxième classe. En Corse, on réclame - les séparatistes - la « corsisation » des emplois. C’est exactement cela qui est en jeu. Ceux qui ne comprennent pas cela, et ils sont nombreux du Conseil régional au Rectorat, avec leur « bilinguisme » (13 heures en français, 13 heures en allemand pour faire des petits Alsaciens de bons petits « Européens ») sont ou bien des cervelles de colibris, ou bien des malins qui savent bien que ce qu’ils veulent au fond du fond, c’est détacher l’Alsace de la France, devenue inutile pour cette région si riche, si « européenne » (mais entre parenthèses si le Parlement européen est encore à Strasbourg, c’est à Paris qu’on le doit, car la « capitale européenne » (250 000 hts) enquiquine plutôt les « eurodéputés » qui ne rêvent que de Bruxelles (1 million hts) pour dépenser leurs 7000 euros mensuels d’indemnités), pour la laisser voguer vers un destin apparemment bruxellois, mais en réalité plutôt allemand.). Je vis à Strasbourg mais j’exerce mon métier de gynécologue-accoucheur à Erstein (25 km au sud de Strasbourg) et aux hôpitaux d’Obernai (25 km au sud-ouest de Strasbourg) et de Sélestat (45 km au sud de Strasbourg). Je ne parle pas le dialecte mais je connais l’Alsace aussi bien que n’importe quel Alsacien. Je n’ai aucune crainte irraisonnée de l’Allemagne, et je raisonne objectivement, comme un Français aimant avant tout son pays, sa nation, et souffrant de le voir s’entraver lui-même. Voilà tout.



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