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Bérenger 4 septembre 2007 08:00

@ Aurélien : Sur la libre entreprise, je suis 100% pour (eh oui, Idyllique, je ne suis pas un coco, navré ! Au-delà d’un comptoir de PMU il y a le réel, et le réel c’est la complexité, aspect qui échappe totalement aux trolls de votre acabit. Au fait, dites-nous comment il se fait qu’à l’heure du taf, vous êtes là à nous pomper l’air avec vos divagations de bas étage ?!)

Sur la libre entreprise, donc, Aurélien. 100% pour, et sur le RMI... au risque de vous surprendre, 100% contre.

Revenu minimun, cela veut dire contente-toi de ça. On a ajouté « d’Insertion » pour faire bon poids bonne mesure, ne pas mécontenter l’électorat libéral de l’époque tout en sachant que ce serait impossible à mettre en place, insérer ceux qui en ont le plus besoin. Il fallait pour cela se donner des moyens qu’on n’avait pas envie de se donner. Les pauvres ça n’a jamais été un marché très porteur, politiquement parlant. Les pauvres ça sert à faire vendre des disques et à peaufiner l’image « humaniste » de quelques personnalités du show-biz. L’électorat ne se projettera jamais dans la figure de l’exclu, du pauvre, de l’ouvrier, et cela explique en grande partie l’insuccès de la gauche de la gauche à chaque scrutin. Le « parler juste » de cette gauche-là séduit, mais pas la mise en place d’une société au service des plus faibles, vu que même dans la merde la plus glauque on aime à se dire qu’on est au-dessus de ça.

Quand Rocard a lancé le RMI en 86, c’était plus dans un souci de garantir la paix sociale que de venir en aide au peuple nécessiteux. Le volet insertion était là pour la forme. Une pure politesse technocratique. Une convenance morale, disons. Pas étonnant que les mesurettes de types CES, CRE, CIE, RMA, citées dans une autre de mes interventions, se soient soldées par un échec total. Le RSA de Martin Hirsch, excellente idée au départ, se voit singulièrement amputé par rapport au projet de 2005. C’est dire à quel destin il est promis. Une machine à brasser de la paperasse qui va produire quoi ? Un millier, ou un peu plus, de petits boulots dits aidés, autrement dit des postes de sous-fonctionnaires subventionnés par les collectivités locales. Rien qui tienne la route. Rien qui soit de nature à impliquer véritablement ceux qui sont en demande d’une véritable insertion à plein temps, intégrant formation qualifiante et embauche sous contrat CDI, et ceux qui, parmi les employeurs potentiels, PME, PMI, sont en demande de personnels qu’ils ont tant de mal à recruter, que ce soit pour des questions de qualification ou de charges.

Bref, on n’avance pas. Et que l’on qualifie le RMI d’aide, d’assistance ou d’assistanat, selon sa propre façon de voir les choses, le problème de fond demeure. Ce problème de fond touche à la capacité d’intégration d’un système où tout ce qui n’entre pas dans un schéma bien délimité est rejeté dans les marges. En somme, Aurélien, le RMI, et les minima sociaux en général obéissent à une logique perverse de planification administrative de la marge. On refile « sans contrepartie » de l’argent de poche à des individus majoritairement disponibles et employables, mais à qui il manque ceci ou cela pour être effectivement employés. Corriger le tir, pallier à ces manques, adapter chacun à ce qui est requis, demandé, recherché, coûterait excessivement cher dans la mesure où il faudrait faire du cas par cas, créer des structures allant dans ce sens, financer des systèmes de filières, aider à la mobilité. Un défi impossible... sauf au plan individuel. Et c’est là que nous en venons à la libre entreprise.

La libre entreprise est l’un des fondements du capitalisme, en même temps que son moteur, sa seule vraie dynamique : donner à chacun sa chance de se réaliser selon son potentiel. Je crois que ce serait une piste intéressante, lâcher de la bride et permettre à chacun de monter son business, malheureusement on sait ce qu’il en est de la création d’entreprise dans un pays où il est déjà si compliqué de créer de l’emploi en CESU. Raffarin, en son temps, avait évoqué la création d’entreprise en deux jours, moyennant un euro, comme cela se fait depuis des lustres chez nos voisins britanniques. Mais il n’avait pas été suivi. Notre vieille bureaucratie française, qui s’applique surtout à interdire et compliquer selon une logique de traçabilité fiscale, est la pierre d’achoppement à la mise en place d’un tel système.

La libre entreprise est selon moi la parade au RMI... Mais pas plus que le « salaire de vie », projet d’extrême-gauche visant à fournir à chacun, travaillant ou non, un revenu fixe et net d’impôt, ce dispositif n’a de chance de voir le jour, du moins dans l’immédiat. C’est à dire tant qu’on arrivera tant bien que mal à maintenir en place tout ce qui ne marche pas, en ralant parce que ça ne marche pas, et en se faisant réélire parce qu’on n’arrête pas de dire que ça ne marche pas et qu’il faudrait... que ça marche enfin.



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