On ne décide pas d’être cool, on est cool ou on est speed, stoned, destroy, blaireau, no-lifer (ou thanatoïde). C’est une affaire de distance et d’humour à l’égard de tout ce que la multitude prend au sérieux. Rien ne saurait être véritablement pris au sérieux si on est cool, excepté, peut-être, une Lincoln Continental Mark IV, un instrumental lounge de Barry White, un lever de soleil sur le Luberon.
C’est le désir de quêter le nonchalamment beau dans un esprit de pure flânerie. C’est un dandysme qui se passe du regard d’autrui, une sophistique qui a peu à voir, à mon sens, avec la rusticité calculée du baba ou la désinvolture agressive du rocker. En même temps, ce n’est pas le Carpe Diem de l’hédoniste. L’instant, c’est déjà du temporel, et la coolitude c’est vivre hors du temps et de l’espace communément partagés.