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Denis COLLIN 13 septembre 2007 10:28
Denis COLLIN

Il est sidérant de voir comment les pires lieux communs sont repris sans discussion. On peut voir aisément, en lisant ce qui se dit ici combien l’internet, loin d’être un lieu de liberté de pensée, est surtout un moyen de diffusion de l’idéologie dominante, du conformisme « majoritaire ». J’en prends deux ou trois exemples :

1) pourquoi faudrait-il donc « réformer » les régimes spéciaux et pas aligner les autres sur ces « régimes spéciaux » ? Pourquoi ne pourrions-nous plus, aujourd’hui, nous payer ce que nous étions capables de nous payer quand la France était à reconstruire en 1945 ?

2) pourquoi reproche-t-on aux syndicats de s’opposer au gouvernement ? On préférerait peut-être des syndicats aux ordres du pouvoir comme dans les régimes fascistes ou staliniens. Le syndicalisme à la chinoise, ça doit être le modèle des contempteurs des syndicats - comme l’auteur de cet article qui utilise agoravox pour se faire le porte-voix du Figaro et de l’Express, c’est-à-dire d’une presse entièrement soumise au capital financier. Le pire, c’est que les syndicats, pour diverses raisons, ne s’opposent guère à Sarkozy et ont déjà annoncés qu’ils accepteraient la « réforme » moyennant le respect des formes (d’où ce discours sur la méthode où se réalise l’union sacrée entre Hollande et Sarkozy, une fois de plus).

3) On a aussi ici quelques exemplaires de la nouvelle figure à la mode : « je suis de gauche, mais je suis d’accord avec la droite ». Depuis Eric Besson, c’est une attitude qui se porte bien (20% du gouvernement de droite est composé de gens du PS). La confusion politique en laquelle nous sommes tient très largement à cela, à une crise du parti socialiste sans doute encore plus grave que celle de la SFIO en 1958. Mais comme Sarkozy a une claire conscience - lui - des vrais enjeux, il sait qu’il a besoin et du PS et de la direction des syndicats. D’où cette « union nationale » qui n’a même pas le prétexte de la défense de la patrie, mais que relaient tous les médias dans une ambiance qui fait apparaître la presse russe sous Poutine comme un modèle d’impertinence et de liberté de ton...



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