@ Rapetout
[citation]On est tombé dans le sublime avec l’apparition du kotava dans cette discussion.[/citation]
Désolé. On découvre des sujets intéressants tous les jours. Juste pour compléter votre connaissance sur les langues construites, voir :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_langues_construites
Je sais bien que les statistiques de locuteurs de ces langues sont souvent sujettes à discussion et à controverse. En attendant, on distingue 4 groupes :
- loin devant, l’espéranto. Au moins un million de locuteurs.
- derrière, interlingua, ido et interlingue : quelques petits milliers au mieux
- 3ème groupe : tokipona, slovio, kotava, lojban, volapük : quelques dizaines
- au delà, c’est de l’ordre de l’anecdotique.
Donc, quelques dizaines de locuteurs n’est certes pas grand chose au regard des grandes langues naturelles. Par contre, pour une langue construite, compter des locuteurs, de véritables locuteurs, est un élément d’appréciation fondamental. Et a contrario, les centaines et milliers de « conlangs » listés (et rarement décrites en détail) dans un site comme Langmaker ne font surtout que mettre en relief un phénomène qui s’est beaucoup développé ces dernières années, principalement dans le monde anglophone d’ailleurs, très fortement influencé par Tolkien et le fantasy, à savoir celui des « artlangs » créées comme d’autres font de la peinture. Avec beaucoup de simples ébauches, de gribouilleurs, mais aussi quelques authentiques artistes.
[citation]L’avantage du kotava, nous dit-on, c’est que son vocabulaire n’étant tiré d’aucune langue existante, tout le monde est égal devant lui. Egal dans le merdier d’avoir tout à apprendre à partir de zéro, oui[/citation]
Votre formule est brutale mais non dénuée de vérité. Le postulat sous-tendant le Kotava est totalement « politique » et dans le registre du symbolique. Comme le pointent justement les espérantistes, si les arguments de simplicité et de logique d’une langue étaient les seuls à entrer en ligne de compte, il y a bien longtemps que ce débat ici n’aurait plus lieu. Mais ne négligez jamais la force du symbolisme, aux impacts systémiques.