Pendant qu’on parle de Sarkozilia, on ne parle pas des choses sérieuses. C’est évident :
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Sarkozy, Bush, domination planétaire, massacre économique annoncé, « transversalité » et conditionnement médiatique
Grand tapage et peu d’informations lorsque Nicolas Sarkozy et George Bush se sont rencontrés le 11 août. Surtout, les médias français nous parlent peu : des transactions entre compagnies pétrolières qui se trouvaient en toile de fond de cet entretien « informel » ; de la politique de militarisation de l’Europe ; de l’alliance Europe - USA en vue de la domination de la planète ; des conséquences des délocalisations... Il y a, en revanche, une vaste publicité sur le nouveau « couple de l’Elysée » et sur la « dissidence » supposée de Cécilia Sarkozy, ainsi qu’une avalanche d’articles du genre « ça va très mal ». Il y aurait, semble-t-il, une « crise financière » et une « faible croissance » en France et en Europe. Une « hausse des prix » serait inévitable suite à la « flambée des cours des matières premières », etc... Sous-entendu, pour la France : « il faut que Sarkozy fasse quelque chose » très prochainement. Apparemment, le forcing législatif du mois de juillet n’a pas suffi. Quant à la « gauche » et aux directions syndicales, elles ne s’opposent guère à la politique du nouveau Président de la République. A la rentrée, qu’on nous prépare déjà, il faudra s’attendre au pire.
La campagne de presse autour du couple Sarkozy tourne au roman-feuilleton, mais dans quel but ? On peut penser, d’une part, qu’elle cherche à rendre Nicolas et Cécilia Sarkozy sympathiques en tant que « couple original » ; de l’autre, il semble bien s’agir d’une manière de détourner notre attention de la gravité des transactions en cours dans les milieux financiers, industriels et politiques.
Les enjeux de la période actuelle ne sont pas des moindres, mais « il faut » que les médias contribuent à « apaiser » ceux qui feront les frais de ce qui se prépare. D’où un certain nombre d’opérations de diversion mais aussi de conditionnement.
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Nicolas Sarkozy, François Fillon, Xavier Betrand, Rachida Dati, Valérie Pécresse... ont réussi, au cours du mois de juillet, à faire adopter presque quarante textes sans se heurter à aucune réelle mobilisation. Est-ce le résultat d’une réelle indifférence de la part des citoyens, comme on cherche à nous le faire croire ? De nombreux indices concordants tendent à indiquer que tel n’est pas le cas, et que les dirigeants de la « gauche » et des grandes centrales syndicales ont sciemment organisé cette démobilisation. A présent, Le Figaro nous en fournit un élément de preuve additionnel. Voir l’article d’aujourd’hui de Claire Bommelaer intitulé : « Xavier Bertrand, le travail récompensé » , où on peut lire notamment :
« Satisfaites de son passage avenue de Ségur, les organisations syndicales auraient même exercé de discrètes pressions pour qu’il [Xavier Bertrand] soit nommé aux Affaires sociales. Mais elles ne comptent pas lui faire de cadeau. « Il est habile et relativement sympathique. Mais on a vite senti qu’il voulait mettre en place un service minimum dans les transports pour empêcher les mouvements de grève lorsqu’il s’attaquerait aux régimes spéciaux de retraite », analyse un leader syndical. (...) De ces premiers pas dans la peau d’un ministre du Travail, Bertrand tire déjà la conclusion que « les réformes sociales sont désormais possibles. Ne serait-ce que parce que les syndicats ont compris que les choses bougeraient de toute façon »... »
(fin de citation)
Xavier Bertrand a été nommé ministre le 18 mai, douze jours seulement après l’élection de Nicolas Sarkozy. Les « petites phrases » du Figaro reviennent à peu de chose près à estimer que, dès l’élection du nouveau président, la composition du gouvernement a été négociée avec la « gauche » et les directions syndicales. Même si le journal ne dévoile pas quel(s) syndicat(s) a (ont) été sa source d’information, force est de constater que Nicolas Sarkozy a reçu les dirigeants des principales centrales syndicales dès les 14 et 15 mai, avant même la nomination de François Fillon comme premier ministre. La version du Figaro expliquerait également, par exemple :
- Le silence général à propos des liens des proches de Valérie Pécresse avec deux importants groupes industriels qui ne pouvaient pas être neutres par rapport à la « réforme » des universités. Voir également mes articles des du 2 juillet et du 8 juillet.
- L’absence totale de mobilisations, depuis mai dernier, contre les projets de loi de Nicolas Sarkozy, en dehors de la manifestation de façade du 31 juillet.
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