JDD 14 oct
La diplomatie suisse ambarrassée
« Quand le prince Charles vient skier dans l’Oberland, il a au moins la politesse de nous le faire savoir », lâche un responsable du protocole au département fédéral (ministère) des Affaires étrangères à Berne. Depuis quelques semaines, les séjours de Cécilia Sarkozy, d’abord à La Réserve, puis au Beau Rivage, deux palaces genevois, embarrassent fortement la diplomatie helvétique, très à cheval sur les principes. Il est dans la tradition que les personnalités étrangères informent, via leurs ambassades, les autorités suisses de leur séjour dans la Confédération. Le Service fédéral de sécurité propose habituellement de mettre à la disposition du VIP un ou deux policiers. La procédure est courante : le seul canton de Genève accueille chaque année plus de 2.300 personnalités, chefs d’Etat, ministres, têtes couronnées, émirs du Golfe. Mais voilà, la mission permanente de la France auprès de l’ONU à Genève n’apprend « que par les journalistes » les séjours de la première dame de France sur les bords du lac Léman. Quant à l’ambassade de France à Berne, elle « ne s’occupe pas des affaires relevant de la vie privée » et ne peut donc servir d’intermédiaire avec les services de Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération.
Eric Rosset