Salut Mjolnir,
Vous disiez « La croyance est, par définition, irrationnelle et arbitraire : on »croit« à quelque chose quand on n’a pas de preuve ni d’éléments positifs pour confirmer la croyance ».
Je vous remercie pour avoir livré une telle définition. Permettez-moi pour autant de vous expliquer la conception islamique de la fameuse acception qu’est la foi, telle qu’elle se définit en arabe et telle qu’elle est vécue au sein de la religion musulmane.
Mais commençons tout d’abord par une légère prise de recul.
Votre définition et approche explicitées en haut sont typiquement trop chrétiennes (les athées occidentaux jugent parfois - si ce n’est souvent - les autres religions [l’islam notamment] sous le prisme de leurs expériences passées, ou celles de leurs parents voire sociétés, avec le Christianisme).
En fait, votre définition résume l’attitude tant du croyant chrétien soumis aux dogmes de l’Eglise que celle héritée par le rebelle athée qui s’échappa à la pression du catéchisme ecclésiastique.
Les définitions normatives chrétienne et athée-néochrétienne se ressemblent trop.
Pour les deux la foi serait une sorte de sphère énigmatique dans laquelle il faudrait pleinement adhérer en croyant à une série de mystères, tels quels, comme ça, à gober par défaut, sans que cela ne soit ébranlé par quelconque doute, quelconque remise en cause ou quelconque attitude ou pensée rationnelles et/ou critiques.
L’occidental athée est cette personne qui s’estime ne pas être à même d’adhérer à un tel système (d’absence) de pensée, si aliénant pour l’intelligence et la raison humaines.
L’homme musulman ne saurait que très bien comprendre l’attitude d’un tel occidental devenu athée ; pour autant, il ne saurait apprécier que ledit athée s’atèle à juger l’Islam sous le prisme de son expérience avec les dogmes chrétiens.
Athées et musulmans peuvent reprocher de concert à l’Eglise Chrétienne de véhiculer des dogmes et des travers idéologiques qui s’apparentent plus à de la mythologie grecque qu’à l’enseignement cristique :
Et la cerise sur le gateau est cette pernicieuse et facheuse tendence des Hommes de l’Eglise d’imposer au dévot qui s’interroge, face à un tel ensemble de dogmes si irrationnels une totale absence de réponses, d’explications et de justification rationnelles.
Dans le Christianisme le dévot est invité à appréhender les dogmes, comme ça, par défaut. Quand il aurait beau s’interroger, souvent il se voit recevoir pour seule et incessante réponse la fameuse formule : il en est ainsi, (c’est pas la peine d’y réfléchir,) mon fils ayez juste la foi, et laissez votre coeur se faire pénétrer par la lumière du Christ. 
En Islam, une telle attitude n’existe pas.
Je disais ailleurs à Claude :
En Islam, et en arabe, l’acception « foi » n’a pas le même entendement et la même signification que dans la Chrétienneté et/ou en Occident. En arabe foi est dite : « îmaane », du verbe « aamana ». Ladite acception entend certitude très posée, très claire, très sérieuse et très bien développée, nourrie et réfléchie. Elle ne laisse s’immisser aucun doute, aucune déraison ou irrationalité. De plus, ladite acception est apparentée avec un autre vocable, celui de « amne » qui signifie : assurance, quiétude et sûreté.
En Islam, le doute n’est nullement le synonyme de foi, ni la foi ne puit être le corollaire conséquent au doute.
Au contraire, en Islam, le doute est instigateur, un outil de remise en cause, une interpellation, une invitation à la scrutation de la vérité, la manifestion même de notre raison en cours d’exclamation.
Ce n’est nullement la station finale, mais plutôt le début d’un parcourt, c’est le starter qui enclenche l’entrée dans une quête profonde, sérieuse, raisonnable et réfléchie.
L’Islam nous interpelle comme ceci : quand tu doutes, cherches des éléments de réponse ; scrute tout chemin à explorer ; mais ne retient que ce qui est rationnel ; soumets le tout à l’épreuve de la raison ; tout ce qui n’est pas rationnel est à écarter ; tant que tu as le doute, n’arrêtes point ta quête ; tant que tu n’as pas de réponses rationnelles n’adhère jamais à une idée ; restes toujours critique même quand tu n’as pas de doutes ; et grosso modo : tu ne peux vraiment avoir la foi que lorsque ton système de pensées, tes convictions et tes résolutions sont rationnels et mûrement réfléchis.
En ce sens, la première interpellation que l’Islam nous recommande est bel et bien l’invitation à nous nous élancer dans cette quête consistant à chercher à s’assurer si Dieu existe ou pas.
L’adhésion à l’ensemble du systéme théosophique que véhiculerait l’Islam serait veine, que perte de temps et que pure hypocrisie, si l’on ne saurait tout d’abord élucider ladite question relative à l’existance ou non de Dieu.
Comment donc répondre à la fameuse question : Dieu existe-t-il ou pas ?!!!!
L’Islam et le Coran ne cessent de nous interpeller à méditer toute ce qui se trouve dans notre monde macro et microscopique pour y retrouver les empreintes divines de la CREATION. Quels meilleurs recours pour parvenir à une telle fin que la raison et la science ?!! C’est l’interpellation première et majeure du Coran : « pour chercher Dieu, jetez un regard sur vous-mêmes et tout autour de vous » « en recourant à la science, à la raison » « n’arrêtez-pas vous aux surfaces des choses, n’ayez pas un regard nonchalant » « que votre regard et vos esprits soient vifs ».
C’est le sens de la formulation que vous me reprochiez « Il n’y a pas autre chemin vers la croyance que celui de la raison, par l’unique contemplation profonde et rationnelle de TOUT ce qui nous entoure ».
L’eau n’est qu’un élément de cet univers macroscopique dans lequel nous baignons. Connaissons-nous vraiment assez cette fameuse et vitale molécule ?!!!
Je persiste et signe : Les Miracles de l’Eau.
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