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Annie 14 janvier 2008 17:49

Non, on ne peut vraiment pas dire que Blair est socialiste. Il est en fait le descendant direct de Margaret Thatcher, mais dôté d’une conscience sociale. J’aimerai pourtant nuancer le tableau que l’on fait de l’Angleterre. Je suis la première à reconnaître les carences du service public, et les systèmes à deux vitesses qui se sont développés pour les pallier. Pour reconnaître aussi que tous les secteurs d’activités en difficulté ou moins rentables (minier, métallurgie, construction automobile et même dans une certaine mesure le secteur agricole) ont été supprimés au profit des secteurs de la finance et des services. Si la productivité était inférieure à celle de beaucoup de pays européens, elle a été compensée par des salaires très bas qui ont attiré les investisseurs. Aussi que le nombre d’enfants vivant en dessous du seuil de la pauvreté a été et est peut-être encore le plus élevé en Europe. Tout cela je le sais et je l’ai vécu. Mais j’ai aussi vu l’Angleterre se transformer en l’espace de 25 ans. C’était l’époque où je décrivais ce pays comme un pays en voie de développement. Dans une certaine mesure, ce libéralisme sauvage, débridé et surtout précurseur en Europe, ce qui lui a donné un avantage comparatif qui explique à mon avis son succès, a facilité la croissance qui à son tour a permis l’introduction de mesures plus sociales comme le Smic, le Child credit pour soutenir les familles avec des enfants, ou une fiscalité plus équitable.

Je préfère le modèle français, avec sa notion de service public, et de solidarité. Cela ne m’empêche pas de reconnaître l’incroyable transformation dont j’ai été témoin tout au long de ces années. Et aussi le fait que Blair pouvait seulement être élu que s’il rejetait toute notion de "old labour" exemplifié par des gens comme Tony Benn ou Neil Kinnock. D’une certaine manière, il y a un parallèle à établir entre ce processus et la crise du PS en France.



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