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frédéric lyon 24 mars 2008 01:45

Bien que n’étant pas Prix Nobel d’Economie moi-même, je me hasarderais, sous le regard de nos experts d’Agoravox, à une analyse rapide des prévisions d’évolution des principales zones économiques mondiales, pour l’année en cours.

 

Aux Etats-Unis, la croissance sera ralenti en 2008. L’économie américaine était déjà parvenu à la fin d’un cycle à fin 2007, et la crise des subprimes n’arrangera certes pas la situation. La croissance sera donc ramené de 2% à 1,4 %, avec une quasi stagnation au premier trimestre. La plupart des banques américaines, qui ont été les plus touchées par le crunch des actifs immobiliers, ont sans doute fini de nettoyer leurs bilans en provisionnant leurs pertes virtuelles, les dernières banques les plus exposées finiront leur nettoyage au premier trimestre de 2008, et les autorités américaines peuvent à présent envisager une stimulation budgétaire de type Keynesien, en faisant attention à l’inflation.

 

En Asie, la crise financière américaine n’aura que des répercutions limitées du fait du dynamisme interne des économies de la zone. Les taux de croissance très élevés, de l’ordre de 10% l’an en Chine et en Inde, baisseront d’environ 1%. Une excellente occasion de calmer la surchauffe, notamment en Chine où le taux d’inflation frôle les 5%.

 

En Europe, l’exposition des banques aux risques immobiliers aux Etats-Unis était somme toute limitée, les grandes banques, à une ou deux exception près, ont provisionné suffisamment à la fin de 2007, l’évolution économique en 2008 dépendra donc d’autres facteurs, tels que le prix de l’énergie, les prix mondiaux des matières premières industrielles, ou bien l’ampleur des réformes qui allègeront le poids de l’Etat sur les énergies. Les taux de croissance seront réduits d’environ 0,5% en moyenne, sauf en Grande Bretagne qui a dores et déjà réduit de façon efficace sa dette, qui a mené à bien ses réformes de libération de l’Economie depuis longtemps et qui va poursuivre sa bonne progression.

 

Pour ce qui concerne la France, la croissance sera réduite de 0,2 à 0,4 % pour être ramené à 1,5% environ, ce qui ne devrait pas trop perturber le processus en cours de baisse du chômage. En revanche il devient nécessaire de commencer le chantier des réformes de libération de l’Economie française et de commencer la liquidation effective de l’héritage étatiste historique.

 

Pour finir, un passage en revue de deux variables économiques qui sont souvent mises en exergue dans les analyses de nos commentateurs :

 

Les cours de Bourse : Après plusieurs années de hausse continue, les boursiers s’attendaient à une année 2008 moins glorieuse. La crise des prêts hypothécaires, qui a provoqué une méfiance et un attentisme compréhensible de la part des investisseurs a comblé, et bien au delà leurs attente. A Paris le CAC 40 a baissé de 20% en trois mois, cette baisse est sensible, bien qu’elle ne soit pas exceptionnelle dans l’histoire boursière, et il est probable que l’essentiel de la purge a eu lieu. On peut donc s’attendre à un rebond des indices si les profits des entreprises se maintiennent à leurs niveaux satisfaisants d’aujourd’hui.

 

Le cours du dollar : La force de l’Euro par rapport au dollar donne lieu à des débats sans fin quant à la question de savoir si elle est un frein à la croissance. Répondons donc clairement à cette question qui agite les économistes de niveau de la Maternelle : OUI et NON.

 

La force de l’Euro diminue le poids de nos importations, notamment le pétrole, et pèse également sur nos exportation en les renchérissant. Il y a donc deux effets qui s’annulent l’un l’autre et la résultante est proche de l’équilibre. Pour en dire plus, il faudrait faire une analyse fine, secteur par secteur, les effets seront différents d’un secteur à l’autre. Il faudrait faire une analyse fine pays par pays. On constate par exemple que les exportations allemande se portent très bien, alors que les exportations françaises s’essoufflent. Mais la Fra&nce n’a jamais été un pays fort économiquement depuis la première révolution économique au 19 ème siècle et son déclin irrémediable date de la fin de la prééminence de l’agriculture et de l’avènement des économies de l’ère moderne, en Angleterre et en Allemagne dans les années 1850.

 

Un dernier point, pour souligner tout l’intérêt de la mondialisation et de la globalisation de l’Economie. L’Economie mondiale a désormais trois moteurs principaux, les USA, l’Europe et l’Asie et ces trois moteurs ne sont pas exactement en phase, ni du point de vue de la croissance, ni du point de vue de l’inflation, ce qui a tendance à « lisser » les effets d’un ralentissement de l’activité générale.

 



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