Ces gens qui voient dans l’Islam le Mal ne sont pas tous des racistes convaincus. Mais tous, ils crèvent de trouille, hallucinés par ces images du petit écran qui viennent troubler leur bonheur en charentaises, subjugués et fascinés par les récits simplificateurs qui construisent le bouc émissaire.
Il leur suffirait pourtant d’un peu de courage, de prise de risque, mais bercés, illusionnés dans le confort matériel, sans morale sinon que celle de la réussite sociale et du mérite factice, ils sont veules et lâches, ils se vengent des mots qu’ils ne trouvent plus pour réprimander un fils, se plaindre d’un voisin. Il n’y a qu’à l’abri de l’habitacle de leur voiture, comme sur le net, qu’ils trouvent une dernière force pour devenir celui que Dostowieski appelait l’homme du souterrain, affolé par le désir mimétique.
Esclaves de la peur.