Bonjour,
Merci pour votre réquisitoire. Je relève un point qui m’a frappé, celui-ci :Il n’y a pas si longtemps, les voix d’intellectuels nous servaient souvent de rappel à une certaine morale et éthique. Nous connaissions un débat clair, conservateurs contre progressistes, qui, malgré les erreurs d’engagements des uns ou des autres, a su nous accompagner sur le chemin d’un progrès démocratique. Aujourd’hui, ces voix sont d’un effrayant consensualisme et parfois même apportent leur soutien aux idées les plus réactionnaires. Plus aucune ne vient les contrebalancer dans le grand concert médiatique. Les penseurs radotent souvent, mais aucun de nos médias ne souhaite nous proposer de vrais débats, nous soumettre les vrais enjeux, nous laisser entendre de nouvelles voix.
En réalité le problème se situe sur deux plans. L’intellocratie de 68 a veilli, et a changé son fusil d’épaule avec la chute du mur, évènement qui marquait la fin du marxisme-léninisme, de sorte à conserver sa main-mise (monopole) sur la pensée nationale. Regardez bien, les gens qui ont marqué leur temps dans les années 70-80 sont les mêmes que maintenant (excepté ceux qui sont décédés, ce qui est avouons-le assez compréhensible) mais avec un tropisme différent qu’à l’époque. Le deuxième plan se trouve dans l’anathémisation systématique des penseurs dissidents et de la fustigation du fascisme à tout vent. De fait, l’ostracisme dont furent victimes certaines personnes a été préjudiciable à un vrai épanouissement intellectuel du fait d’un coterie ne voulant pas voir ses privilèges remis en cause, et l’obsession de vilipender toute trace manifeste de "fascisme" (les guillemets sont très importants) a abouti à une lassitude et surtout à un abaissement de la vigilance républicaine.
En somme, les intellectuels en vue ont joué un trouble jeu qui n’a été profitable qu’à leur propre business et non à la défense des intérêts du peuple.
Cordialement