A Morice,
Votre article est bien documenté et bien construit, même si des spécialistes- et ils l’ont fait pour certains plus haut- peuvent y relever quelques petites errreurs qui n’affectent pas l’ensemble, ni n’en altèrent le sens.
L’affaire de Maillé a connu un écho international, au sens large, à savoir sur les 5 contients, car c’est en effet une "première" que l’instruction du Parquet de Dortmund sur ce massacre peu connu avant le passage du Procureur Maas. On en a ainsi parlé dans tous les grands médias dans les Amériques, en Asie, en Australie et jusque dans divers pays d’Afrique. Le fait est assez intéressant pour être souligné.
En effet, le mois d’août 1944 a connu divers massacres de civils français, ceci dans un contexte général de grande activité militaire de la Résistance, avec des atrocités des deux côtés, comme il s’en produit toujours en temps de guerre, surtout quand une guerre civile larvée (forces pétainistes contre Résistance) est partie intégrante du conflit.
Ce qui ressort de votre article est que l’image retenue collectivement, issue de notre passé politique, du mois d’août 1944 est à revoir afin de cerner au mieux les vérités contradictoires, mais souvent sanglantes, que ce mois a connues.
Il en est de même de septembre 1944 qui est passé dans l’Histoire officielle du conflit, ou, c’est selon, celle que la mémoire collective a retenue, comme un mois de succès alliés incessants, presque sans pertes. Ce qui est totalement faux si l’on étudie les faits. La guerre n’était pas terminée parce que Paris avait été libéré, et la résistance allemande, ébranlée en août, se reprenait au fur et à mesure que les troupes alliées à l’Ouest et soviétiques à l’Est se rapprochaient des frontières de l’époque de l’Allemagne.
Ainsi, j’ai découvert dans les archives de la 4ème Division blindée américaine que la plus grande bataille de chars à découvert sur le front occidental a eu lieu en septembre 1944, juste devant Nancy, au cours des combats acharnés pour libérer cette ville, combats qui ont opposé principalement la 4ème DB et la 35ème Division d’Infanterie américaines à des unités de la 5ème Armée Blindée allemande.
Il serait intéressant en effet que les historiens- et cela semble en voie de se faire- commencent à aborder plus méthodiquement les faits précis de cette période de la libération de la France, afin d’en mettre à jour la diversité, les contradictions et l’intégrité des faits établis.
Votre article est en ce sens une contribution utile et salutaire, en ce sens que l’Histoire doit être étudiée avec un recul suffisant et une objectivité éloignée de toute passion afin d’être réellement écrite.
Il reste à dire que l’Histoire ne peut être "officielle" au sens politique du mot et de son acception. Ainsi, si je condamne totalement les propos de Faurisson et de ses amis sur les camps d’extermination- VL-Vernichtunglager- en abréviation germanique nazie (qui ne sont pas les CAMPS DE CONCENTRATION- KL-Konzentrationlager- dans ce même langage nazi), il me semble que toute loi imposant une CONCEPTION OFFICIELLE via le Code Pénal et la Justice, est une absurdité anti-démocratique.
Il n’appartient pas, dans une vraie démocratie, à la Justice de dire l’Histoire, ni de condamner des falsficateurs en Histoire (il y en a d’autres dans divers domaines qui ne sont pas frappés de cette sanction pénale alors que leurs propos sont beaucoup plus dangereux pour la vérité historique !!!)), il est essentiel que l’Histoire soit libre de sa rédaction honnête, complète, vérifiable, contradictoire, qui ne peut être le fruit que de débats totalement libres et sans dogmatisme imposé a priori.
Le seul juge au final en matière historique est, non un magistrat de l’ordre judiciaire, mais l’opinion publique et, à terme, la mémoire collective.
On n’imposera pas la fin des falsifications en Histoire par des lois insensées, qui ne répondent pas aux besoins scientifiques, mais à des buts purement "politciens étroits", mais on l’obtiendra bien plus vite en laissant les falsificateurs en Histoire être PUBLIQUEMENT démentis par les faits collectés et avérés, présentés à toutes et tous. Ainsi, on aura à la fois le jugement de l’opinion et la claire autant que définitive compréhension des citoyens, sans coercition d’Etat, qui ne peut que créer trouble et questionnement.
Bien cordialement,
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération

