@ liberté chérie
Je ne pense tomber dans la sinistrose mais je ne peux pas m’habituer à Bénabar, Cali, Houellebecq, Corneille, et tant d’autres « nouveaux auteurs » qu’on nous présente comme les plus grands penseurs du siècle. Vous dites « tout va très vite » et vous avez sans aucun doute raison. Mais je ne consomme plus de cette façon. Aujourd’hui, quand j’écoute un disque je l’écoute généralement pendant un mois ou deux... sans rien interférer entre ce que je ressens (qui est chaque jour différent) et ce qui pourrait m’amener à m’en détourner. Je pense que c’est l’âge, et je ne m’en plains pas. Il y a un phénomène de saturation bien naturel, surtout dans une société de consommation de plus en plus factice et boulimique. J’écoute toujours avec autant de plaisir le « Berlin » de Lou Redd, ou Jefferson Starship, Grace Slick, Peter Gabriel. J’écoute Ferré presque chaque jour. Manset, Bashung, Balavoine. Sans parler de musique classique. En ce moment c’est Théodorakis ou Gorescki. Il en va de même avec la lecture. Quand je prends un livre aujourd’hui, en dehors des essais historiques ou sociologiques qui abordent des sujets de plus en plus intéressants, je me dis : est-ce que ça vaut vraiment la peine, ou ne serait-il pas mieux que je me retape plutôt tout Dostoïevski... J’ai agi ainsi avec les voyages. Il y a ceux qui veulent pouvoir dire qu’ils sont allés partout. Moi j’aime revenir là où j’ai déjà été... Est-ce être réac ?... Un tel jugement peut paraître léger et discriminatoire. La dictature de la nouveauté ne m’atteint pas.
Bien à vous. Patrick Adam