Annie,
Quelle bonne suprise que de lire le ton respectueux de votre message en dépit du caractère désagréable que peut prendre mon insistance !
Mais je vous rejoins en m’interrogeant sur l’ampleur réelle du phénomène de la burqa. J’habite en Angleterre, où la burqa est autorisée bien qu’elle soit pratiquement invisible, parce que la réalité est que nous ne côtoyons pas les musulmans ou les hindous etc... La tolérance s’est faite au prix de la ségrégation et je ne sais vraiment pas ce qui est préférable.
En effet. Moi non plus je ne sais pas ce qui est préférable.
A ce propos je me suis avisée il y a peu que nous nous enfermions dans une dialectique ségrégation/assimilation dès que l’on parlait d’étrangers et d’immigration. Alors qu’il y aussi une alternative, peut-être même plusieurs. Ni chercher à annuler les différences ni séparer les gens en communautés, mais favoriser les échanges, la mixité, le métissage. Quand je dis ça, on me rétorque que le discours est creux et idéaliste. Pourtant, il colle à une réalité : considérer que de même que l’immigré est amené à s’adapter aux coutumes, habitudes, normes et vision du monde de son pays d’accueil, nous pourrions accepter d’être nous aussi amenés à évoluer en l’accueillant. Une intégration dans les deux sens qui se pose aussi hors immigration dans le contexte de la mondialisation et de la multiplication des échanges. La critique qui vient alors souvent est celle du "relativisme culturel". Entendant par là la position où l’on ne condamne plus rien du tout, au prétexte que c’est une différence culturelle. Comme si le fait de ne pas entendre la problématique de l’intégration comme un tout (assimilation imposées par les discriminations ou la répression) ou rien (ségrégation) impliquait de tout cautionner. Et non, pourtant ! Ce n’est pas parce que je crois en la richesse d’une ouvertue réciproque que je défends l’exision, la lapidation, la mise à mort des homosexuels ou d’autres atteinte à la dignité humaine... comme l’imposition du port de la burqa. Je peux vouloir affronter une méfiance réflexe sans pour autant décider de tout accepter ; de même que je n’accepte pas tout dans ma culture et ma société, loin de là. Ce serait le retour de la vision binaire du tout ou rien...
Je survole. C’est un vaste sujet de réflexion qui amène à des questions difficiles et fait surgir peurs et angoisses. Je n’ai que très peu de réponses et de certitudes là dedans, principalement celle qu’à l’évidence, nous allons dans le mur pour le moment.
Tout cela me trouble comme tout un chacun mais je refuse de tomber dans le panneau de voir ma confusion et mes peurs utilisées comme des leviers servant la mise en place de politiques purement répressives sur fond de diabolisation de l’étranger, quel qu’il soit. Car cela alimente la haine et conduit à la violence. Or c’est précisément cela que je vois dans cette proposition de loi. Hypocrisie et instrumentalisation des violences faites au femmes en prime. Alors ça me fout en pétard !!!
Nobody Knows Me,
Mesdames, permettez-moi de commenter de façon quasi-inutile votre échange
Vous faites bien ! Dans mon empressement tout à l’heure, je n’ai pas commenté les phrases d’Annie et je voulais y revenir.
Vous l’avez fait. 
Merci
Bonne soirée à vous deux,
Naja