RECESSION
La crise des organismes financiers n’est que le symptôme de la récession. Quand des Entreprises comme General Motor, Ford licencient en Amérique quand la construction immobilière baisse de régime, quand ces deux branches industrielles qui ont été les locomotives de la croissance depuis l’après-guerre commencent à battre de l’aile, on peut dire qu’une époque s’achève. L’expansion est freinée par le manque d’investissements productifs, accentué par les restrictions aux investissements polluants. Après la croissance normale des trente glorieuses, née du besoin de reconstruction des pays Européens, les lobbys, les groupes de pression financiers et industriels ont pensé qu’il était simple de prolonger cette forte croissance, par un système classique : le crédit. Il a l’avantage de maintenir les profits des entreprises, en développant la consommation par l’offre, sans qu’il soit nécessaire d’augmenter les salaires. Il suffisait d’agiter le fameux spectre de l’inflation en disant que ce sont les populations les plus pauvres qui perdent leur pouvoir d’achat. Ce qui n’est pas démontré. (Voir Jacques Sapir, La concurrence, un mythe, Le Monde diplo juil 2006)
L’exemple était donné par l’Amérique prospère qui distribuait le crédit à tout va. Gagnantes-gagnantes, les grandes entreprises alliées aux banques : revenus du capital maintenus grâce à une inflation constamment faible (la rigueur), et marges plus importantes pour les grands groupes. Ceux-ci divisaient leur production en filiales et sous-traitants, ce qui avait l’avantage de contenir les revendications salariales, et laissaient le chômage de masse s’installer, un moyen de réguler le marché du travail en leur faveur (chantage à l’emplo).
La saturation de la demande dans les deux industries citées commence à se faire sentir. Surtout le déséquilibre de la répartition du PIB a fait passer réciproquement, les revenus du salariat et la rente du capital de 70%-30% à 60%-40%. Le problème est qu’à force de vouloir contenir les salaires, (toujours moins de prélèvements obligatoires pour les entreprises) les possibilités de « booster » la croissance par le crédit ont progressivement disparu : pouvoir d’achat baissant, il fallait encore augmenter le crédit dans les conditions que l’on sait.
Cette voie ayant montré ses limites, le crédit va devenir probablement plus cher à moyen terme et en tout cas plus rare. Avec obligatoirement des disparitions d’entreprises et une augmentation du chômage.
Ce sont donc les classes les plus défavorisées qui vont souffrir davantage, jusqu’au jour où il faudra bien augmenter les salaires dans un nouveau Grenelle, le vrai, celui qui a permis aux salaires de monter de 15% en moyenne en 68 (comment se fait-il d’ailleurs que les industries aient pu supporter un tel choc ?). C’est la solution pour qu’après les « régulations » financières, qui ont leurs limites ça ne recommence pas en pire.
Les régularisations promises seront insuffisantes : elles se heurtent à certains articles des traités Européens qui justement ont enclenché les dérégularisations. Nos gouvernements sont sur le fil du rasoir. Comment choisir entre un Etat fort qui contrôle les marchés financiers, et les articles 56- 87 – 130 -131 (retoqués par les articles 63-107 -108- 206 du traité de Lisbonne) de ces traités qui ont pour objectifs de leur laisser toute liberté ?
Ce sont des dispositions qui viennent pour l’essentiel du traité de Maastricht voulu par Delors et soutenu par Mitterrand.
Non seulement le traité de Lisbonne est caduc du fait du "non" irlandais, mais ce sont les traités existants que la crise met à nus et qui doivent être remis en cause.
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