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Courouve 15 octobre 2006 13:20
Senatus populusque (Courouve)

Vers la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe, l’ensemble de l’œuvre d’Aristote est traduit ou en circulation en Occident : la fin de l’Organon [La Logique], tout d’abord, dans la traduction de Boèce, Premiers et Seconds Analytiques, Topiques et Réfutations sophistiques, ce qu’on appelle la logica nova, mais aussi les Libri naturales, notamment la Physique (traduite du grec par Jacques de Venise entre 1125 et 1150 ; de l’arabe par Michel Scot entre 1220 et 1235 ; puis à nouveau du grec par Guillaume de Moerbeke vers 1260-1270), le De anima (Jacques de Venise, 1125-1150 ; Michel Scot, 1220-1235 ; Guillaume de Moerbeke, avant 1268) et le De caelo (pour l’arabe, Gérard de Crémone, avant 1187, et Michel Scot, vers 1220-1235 ; pour le grec, Guillaume de Moerbeke, vers 1260-1270). Le cas de la Métaphysique est, à lui seul, représentatif des avatars de la tradition textuelle de l’aristotélisme, puisque, sur ses cinq versions successives, seule la dernière, la novissima translatio de Moerbeke (avant 1272), correspond à l’œuvre que nous lisons aujourd’hui - toutes les autres étant incomplètes ou différemment ordonnées : la vetustissima (Jacques de Venise, 1125-1150) et sa révision anonyme, la vetus (1220-1230), comprennent les seuls livres I-IV 4, 1007 a 31 ; la media (anonyme, non datée) n’a pas le livre XI ; la nova ou arabo-latine (Michel Scot, 1220-1235) contient uniquement les livres II, I, 5-10, III-X et XII, 1-10, 1075 b 11.

Jacques de Venise apparaît ainsi comme un des principaux traducteurs d’Aristote à partir du texte original grec, bien avant les quelques traductions latines à partir de l’arabe.



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