A Crainquebille,
Encore une réflexion, si je puis me permettre. Il n’est pas impossible que le délabrement de la philosophie universitaire contemporaine (comme je l’ai reconnu ci-dessus, il y a bien sûr des exceptions, qui, je l’espère, réussiront lentement à changer les choses) atteigne un tel degré qu’une situation semblable à celle qui caractérisa l’état de la philosophie au dix-septième siècle émerge en ce nouveau siècle, à savoir que la philosophie s’exile complètement de l’université. Comme vous devez sans doute le savoir, ni Descartes, ni Spinoza, ni Leibniz, pour ne citer qu’eux, ne professèrent ne serait-ce qu’une heure de cours dans l’enceinte d’une université dans toute leur vie d’intellectuel. Il y avait naturellement de bonnes raisons à une telle option.