Les chaînes locales, connais pas. Je vis dans le Sud-est, actuellement les Alpes de Haute-Provence, où il n’existe que les programmes locaux de France 3, qui se résument à des actus qui concernent surtout la région de Marseille, et à des magazines qui doivent être diffusés le week-end, l’après-midi, je n’en sais pas plus, j’ai vécu dans les Alpes-Maritimes et le Var où c’est idem. Il est vrai que je n’ai ni câble ni satellite, n’étant pas franchement accro à la télé, et que niveau TNT on ne reçoit ici que France 5, Arte et LCP. Les radios locales on en a quelques-unes, essentiellement commerciales, ce qui veut dire variétés et pub, pub et variétés.
Alors c’est quoi une chaîne locale, à la lecture de cet article ? Une filiale d’un gros groupe qui investit dans l’autochtone et le patoisant ? Ce qui veut dire que malgré le peu d’argent que coûte désormais le matos audiovisuel, le CSA estime que vous et moi ne sommes pas capables de parler de ce qui se passe dans le coin où nous visons aux gens qui y vivent aussi, et surtout avec eux ? Qu’il faut en passer par la bénédiction des aparatchiks pour ça ?
On a vu ce que ça a donné, les radios libres. On sait tous qu’il y a des tonnes de fréquences disponibles sur les petites ondes et les ondes moyennes où des gens comme vous et moi pourraient parfaitement donner la parole à des gens comme vous et moi là où nous sommes. Sauf que c’est interdit pas la loi française. Sauf que le CSA est là pour veiller à ce que ça ne se fasse pas. Et puis à quoi bon, puisque c’est désormais tout à fait possible de faire ça sur le web ?
Questions subsidiaires ; pour quel auditoire ? Existe-t-il une réelle demande ? Cela répond-il à un besoin chiffré ? Ce débat a-t-il encore lieu d’être ?
Au Canada, vous avez une chaîne publique qui est représentée dans chaque province, et qui produit une télé purement locale qui parle de la vie des gens qui la regardent. Si vous voulez vous faire une idée, allez-y voir par vous-mêmes :
www.craftytv.com/tv/index/filter/Canada%20in%20english/page1
Aux Etats-Unis, les chaînes locales sont soit indépendantes, soit elles dépendent de groupes tels que NBC, CBS, ABC... Le fait est qu’elles existent et qu’elles se déclinent aussi en télés communautaires.
Nous, on en est encore, grosso modo, à l’Ortf. Déjà, pour le prix de la redevance qui nous est demandé, on a quoi à se mettre sous la dent ? Même pas une demi-douzaine de chaînes qui reflètent la vacuité sépulcrale de ce qu’est devenue notre culture, servie par les fils-de agréés. A quoi je veux en venir ? A ceci. Pour qu’une télévision régionale ait pu exister, se développer, toucher les gens, durer, il aurait déjà fallu au départ que nous soyions éduqués à l’intérêt de l’outil télévisuel. Or ça ne s’est jamais fait. La télé en France n’a jamais été envisagée autrement que comme une espèce de pis-aller pseudo-culturel mis à place à l’intention des malheureux qui ne disposent pas d’autre chose de plus passionnant pour tuer leurs soirées. Les "bouquets" sont venus ensuite avec leur cortège d’abonnements juteux, mais sans rien changer à la donne. La télé c’est d’un côté ceux qui la font, et de l’autre ceux qui sont supposés la regarder, sans qu’il y ait jamais d’interaction entre les deux. Si on avait voulu ouvrir l’antenne, à un moment donné, à une forme populaire de libre expression au niveau local, la télé n’en serait pas là où elle en est. Telle quelle, elle est condamnée à disparaître. Les pratiques sont en train de changer, le mouvement est inexorable, les écrans vont s’ouvrir sur d’autres horizons où le CSA à la soviétique sera dans le même rôle que la Sacem aujourd’hui, dans l’éternel débat sur la propriété intellectuelle.
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