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Kalki 21 novembre 2008 15:34
Kalki

http://fr.wikipedia.org/wiki/Race



En nomenclature zoologique, le terme race désigne un rang taxinomique inférieur à l’espèce (équivalent au rang de variété dans d’autres disciplines), dans le but de distinguer plus finement à l’intérieur des espèces animales domestiques, que la variation soit due à l’action de l’homme (par exemple la sélection par l’élevage) ou à la nature (évolution suite à un isolement géographique, par exemple une île).

Race et génétique

La rédaction des "lois de l’hérédité" basées sur les travaux de Mendel permet de relier une race donnée à un génotype particulier.

Pour bien comprendre ce lien, il convient de bien distinguer deux notions :

  • les caractères observables (le phénotype de l’individu) ;
  • l’information portée par le génome (le génotype de l’individu).

C’est l’interaction du génotype et de l’environnement qui détermine le phénotype.

Dans certains cas simples, les gènes s’expriment de manière visible, comme par exemple les pois étudiés par Mendel, qui peuvent être lisses ou ridés, ou les drosophiles (mouches étudiées par Morgan, prix Nobel en 1933), dont les yeux peuvent être rouges ou blancs, selon un gène spécifique. Dans ces deux cas, on peut donc clairement définir des races (le terme de variété est d’utilisation plus fréquente dans le cas des végétaux) :

  • variétés de pois lisses et variétés de pois ridés ;
  • variétés de pois verts et variétés de pois jaunes ;
  • race de drosophiles à yeux rouges et race de drosophiles à yeux blancs.

En fonction du caractère étudié, un individu peut appartenir à plusieurs races. Ainsi, un pois jaune ridé appartient-il à la variété des pois jaunes et à celle des pois ridés.

D’autre part, tous les caractères ne sont pas visibles, certains sont d’ordre biochimique (comme la capacité à sentir une molécule donnée, le groupe sanguin, etc.), et d’autre part un individu d’une espèce (végétale ou animale) présente un nombre important de gènes, donc autant de possibilité de définir des races.

Pour les espèces animales utilisées en élevage, ou les espèces végétales cultivées à des fins alimentaires, industrielles ou ornementales, la pression de sélection exercée par l’homme conduit à une homogénéité plus forte (par rapport aux gènes gouvernant les phénotypes recherchés) de la population, et corrélativement à un appauvrissement de la diversité génétique, ce qui fragilise cette population vis-à-vis des agressions de toute nature, comme les maladies. Des exigences commerciales conduisent à définir de nombreux standards de races ou de variétés correspondant à des besoins variés ; ainsi, les animaux ou végétaux qui ne correspondent pas au standard d’une race (ou variété) ne participent pas à la reproduction.

Les microorganismes utilisés dans l’industrie ont également été l’objet, depuis longtemps, de semblables sélections (par exemple, la levure de bière).

Depuis peu, le génie génétique permet de modifier les gènes d’une espèce afin de créer des espèces « génétiquement modifiées » ou transgéniques, dont les propriétés nouvelles répondent aux besoins de ceux qui les exploitent.
 

Race et biologie

Dans la classification des êtres vivants, l’espèce (c’est-à-dire un ensemble d’individus généralement interféconds) est la dernière subdivision (ou taxon) unanimement admise. Au-delà, on parle de sous-espèce pour les animaux et végétaux sauvages, de race pour les animaux domestiques et de variété pour les végétaux, termes qui se fondent sur des critères de répartition géographique (sous-espèces du loup, races locales d’animaux domestiques), de ressemblance morphologique, de spécialisation écologique (animaux sauvages), ou d’utilisations pour les animaux domestiques (races à viande ou races laitières). Hors espèces domestiques, les biologistes actuels utilisent donc très peu le terme de race pour les subdivisions de niveau inférieur à l’espèce.

La notion de race semble donc principalement utilisée pour les animaux domestiques, pour lesquels elle est le pendant de la notion de sous-espèce chez les animaux sauvages. Chez les espèces existant à l’état sauvage et domestique (loup/chien, sanglier/porc, coq doré/poule domestique), l’animal domestique est parfois considéré comme une espèce distincte, la tendance étant cependant de le classer comme une sous-espèce de l’espèce sauvage : le chien passant de canis familiaris à canis lupus familiaris. Selon cette classification, l’ensemble des races de chiens de toutes tailles et du monde entier est mis au même niveau qu’une sous-espèce géographique comme le loup arctique : Canis lupus arctos. De même pour le porc, la poule.
À l’inverse, certaines races d’animaux domestiques peuvent être issues de plusieurs sous-espèces, comme le zébu africain issu du zébu d’Inde et du bœuf, voire de plusieurs espèces comme certaines races de porc issues de Sus scrofa et de Sus celebensis.

Chez les végétaux on emploie les termes de variétés cultivées ou cultivars.

« Si l’on souhaite disposer d’un plus grand nombre de rangs de taxons, leur nom se forme par l’addition du préfixe « sous- » (« sub- ») aux noms des rangs principaux ou secondaires. Une plante peut ainsi se voir classer dans des taxons aux rangs suivants (par ordre décroissant) : regnum, subregnum, divisio ou phylum, subdivisio ou subphylum, classis, subclassis, ordo, subordo, familia, subfamilia, tribus, subtribus, genus, subgenus, sectio, subsectio, series, subseries, species, subspecies, varietas, subvarietas, forma, subforma. »

Cet extrait du Code international de nomenclature botanique montre bien la complexité et la progressivité des catégorisations nécessaires en biologie. Si la plupart des spécialistes s’accordent au niveau des espèces, savoir si une population montrant des caractères particuliers doit être une sous-espèce, une variété ou une forme, fait souvent débat. Les individus d’une sous-espèce restant toujours interféconds, on observe souvent à l’intérieur d’une espèce des populations en cours d’isolement, présentant parfois des différences morphologiques, parfois des différences écologiques (écotypes) sans nécessaire corrélation avec leur état de différenciation génétique.

Ces subdivisions sont donc assez hasardeuses et complexes ; il n’est pas rare de les voir remises en cause en fonction de l’importance plus ou moins grande donnée à un caractère discriminant. De plus, l’interfécondité permettant la reproduction croisée entre deux sous-espèces, le choix de classer un individu dans tel ou tel groupe peut être totalement arbitraire. Elles ne peuvent donc être définies sans ambiguïté qu’en cas de parfait isolement des deux sous-espèces ; géographiquement, par exemple. Cela explique les réticences des biologistes face à la définition de races humaines.



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