Tout ceci est très juste mais il faut ajouter une remarque sur ce que chacun refuse de reconnaître et qui pourtant est sous jacent à cette attitude de compétition : l’absence d’être en soi et l’absence de discernement dans l’autre d’une égale vacuité.
L’ensemble constitue une gigantesque arnaque : personne n’avoue son absence d’être et donc chacun pense discerner en l’autre, qui soutient toujours son mensonge (admirez moi ! quand il sait lui aussi qu’il est pitoyable), cet être qui fait rêver.
Une solution théorique de votre dilemme serait que tout le monde reconnaisse en choeur son insondable vacuité (d’où grands dieux aurions-nous de l’être ?).
Ou alors il nous faut reconnaître une soif inextinguible d’être, reconnaître la sotte déviance que nous lui faisons subir en cherchant à l’étancher auprès d’autres volailles du même poulailler, enfin chercher s’il n’y aurait pas véritablement un être capable de nous donner de cet être !