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Voltaire 5 décembre 2008 11:52
Voltaire

Votre réction est intéressante. Elle illustre l’absence de culture politique de la majorité des citoyens.
Dans le cas du Mouvement Démocrate, un nombre important de personnes sans expérience politique ont rejoint ce projet avec l’espoir de faire changer de l’intérieur la politique. Or, si la ligne politique de François Bayrou est demeurée inchangée, ce qui explique la persistence de son électorat, ces nouveaux adhérents se sont brutalement vu confronté avec la réalité pratique d’un système qu’ils ne connaissaient pas.

Un certains nombre d’entre-eux étaient bien sûr venus pour avoir des places, et ont découvert qu’être candidat ne s’improvisait pas, qu’il fallait tisser des réseaux, effectuer du travail de terrain, et que leur volonté ne suffisait pas pour se faire désigner. D’autres ont aussi découvert les aspects gris de la politique, les négociations, les rapports de force, et se sont donc éloignés de nouveau. Il en va de même pour tous les partis, le militantisme exige souvent de la patience et de la persévérance que peu de nouveaux adhérents sont prêt à accepter.

Le MoDem est-il différent des autres ? En terme de fonctionnement, sans doute pas. IL se différencie bien sûr de l’UMP ou des Verts, et François Bayrou a tenté de construire un compromis entre démocratie interne et réalité fonctionnelle qui produit nécessairement des mécontents, comme il en existe dans tous les partis. En réalité, l’essentiel des militants de tous les partis se réparti en deux catégories : l’une, minoritaire, recherche des places et du pouvoir. Faute de l’obtenir, ces personnes quittent souvent un parti pour rejoindre l’autre, en espérant mieux, ou sortent de la politique. Et une majorité, qui adhère pour des idées, et ne recherche pas le pouvoir. Pour ceux-ci, l’essentiel est que le parti défende un idéal qu’ils partagent, peu importe la cuisine interne, du moment que celle-ci reprennent l’essentiel de leurs idées. Reste un petit nombre qui souhaite s’impliquer de façon approfondie sans rechercher le pouvoir, et qui peuvent se sentir fustrées de la difficulté à faire bouger un appareil toujours trop lourd, mais est-ce le parti ou simplement notre nature humaine et notre organisation sociétale qui est en cause ? Je ne connais pas de parti politique qui n’ait ses militants frustrés.Certains restent, par conviction, d’autres partent, par découragement. Au risque de vous décevoir, cela n’a guère d’importance, car c’est bien le projet de société porté par les partis politiques qui est important, pas la cuisine microcosmique qui est derrière.



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