@1984 : Votre analyse littéraire se transpose aisément à la musique : Brassens composait-il comme Goldman ? Personnellement, je ne pense pas (en fait, rien que d’imaginer, la comparaison me fait frémir). Bref, dire que tous les rappeurs s’enfoncent dans des thèmes et du vocabulaire au raz du bitume ne vaut pas mieux que de dire que tous les auteurs sont aussi chiants que Racine (ce que je ne pense pas non plus).
Le groupe dont je parlais, par exemple, s’inspire de Céline (Louis-Ferdinand Céline, hein, pas Céline Dion). Est-ce-que ça impliquent qu’ils repompent ses textes ? Non, simplement qu’ils "s’inscrivent dans le même processus créatif, celui de chercher son propre langage, ses propres formes". D’ailleurs, les professeurs de français du coin l’adorent...
A différencier, donc : le rap major (le seul à passer à la télé), le rap qui aimerait bien être major, et le rap qui a quelque chose à dire. Evidemment, pour la dernière catégorie, il faut parfois fouiller. Comme en littérature. C’est cela qui est triste.