Encore quelques éléments dickiens sur le sujet.
Dans Siva, le monde est sous le joug de l’Empire, qui est "une force maligne et esclavagiste modelée par un esprit dérangé (privé de sa contrepartie saine)". Encore une référence à la folie collective, et à cette absence de quelque chose.
C’est certainement dû à son horreur du régime de Nixon, mais il me semble que K Dick nous montre là toute son actualité.
K Dick croit fermement au rédempteur, qui est généralement une figure incarnée par un être banal, vous ou moi, opposé à des univers angoissants... Encore une citation de La Vérité avant-dernière pour l’univers angoissant :
" Vos vies sont incomplètes [...] Vous avez faits de nous des barons dans leurs baronnies, leurs châteaux, et vous êtes les Nibelungen, les nains au fond des mines ; vous travaillez pour nous."
Mais l’empathie (trait humain par excellence pour K Dick) représente l’espoir :
"L’autre terme de l’alternative... Comment y accédait-on ?
Par l’empathie. En se raccrochant les uns aux autres, non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur."