Le sionisme : une manipulation des identités juives
La guerre contre le peuple de Gaza, comme deux ans auparavant celle du Liban a montré qu’il n’y aura pas de paix au Proche-Orient tant que le sionisme sera à l’œuvre. Tous les partis sionistes ont approuvé ces deux guerres. La « gauche » sioniste qui vient d’être laminée lors des élections en Israël a participé à tous les crimes contre le peuple palestinien : la Naqba en 1948, la conquête de 1967 et la colonisation qui a suivi, la répression contre l’Intifada, la construction du mur en Cisjordanie et les massacres commis au Liban ou à Gaza. Il n’y a pas de sionisme à visage humain. La « gauche » sioniste aurait voulu en incarner un. C’est fini. Elle n’a fait que servir de force d’appoint à l’annexion, la colonisation et l’ethnocide contre la Palestine.
Sans le génocide nazi, le sionisme n’aurait pas triomphé. Comment définir cette idéologie complexe ?
Il y a d’abord eu une réécriture complète de l’histoire du judaïsme (ou plus exactement des judaïsmes). Les fondateurs du sionisme qui étaient majoritairement non-croyants sont allés chercher dans la Bible une justification à leur projet colonial. On sait aujourd’hui que la conquête sanglante de Canaan par Josué qui sert de « justification » aux colons installés en Cisjordanie est une pure légende. Idem pour le royaume unifié de David et Salomon que l’État d’Israël était censé ressusciter. La Palestine antique a toujours été habitée par des peuples différents. On sait que la théorie centrale du sionisme (l’exil et le retour) est une fiction. C’est la religion juive qui s’est dispersée, pas le peuple. Les descendants des Hébreux sont majoritairement les Palestiniens et les Juifs sont majoritairement descendants de convertis berbères, romains, espagnols, khazars … La diaspora n’est pas une parenthèse, c’est le centre de l’histoire, des identités, des langues et des cultures juives. C’est même le centre de ce que ces cultures ont en commun (l’héritage religieux).
Le sionisme des fondateurs s’est retrouvé en concurrence (en Europe orientale, là où vivaient en majorité les Juifs) avec les différentes branches du socialisme et avec le Bund (parti ouvrier Juif qui prônait l’autonomie culturelle des Juifs là où ils vivaient).
Dès son apparition, le sionisme tourne le dos à toute forme d’émancipation ou d’universalisme. Il proclame que l’antisémitisme est inéluctable, qu’il est inutile de le combattre, que les Juifs ne peuvent vivre qu’entre eux, que le mélange est impossible ou nuisible. Comme les antisémites, ils considèrent les Juifs comme une race à part. Pour coloniser la Palestine, ils inventent le mensonge fondateur : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » (Zangwill). La négation des droits, de la dignité et même de l’existence du peuple palestinien est une constante de toute l’histoire du sionisme. Pour les premiers arrivants, les Palestiniens sont des féodaux ou des fellahs arriérés. Après avoir rêvé de leur faire accepter le projet sioniste, l’objectif sera de les repousser, de les enfermer ou de les expulser (ce que les sionistes qui utilisent la novlangue appellent le « transfert »). Cet objectif n’a pas changé depuis 80 ans. Les sionistes ont rêvé que les Palestiniens soient, comme d’autres peuples autochtones aux États-Unis ou en Australie, dans l’incapacité de réclamer leurs droits. Ils en rêvent encore.
Les sionistes ont inventé aussi l’histoire des Juifs venus du monde arabo-musulman. Ils ont nié leurs origines (Berbères, Yéménites …). Ils leur ont dit : « vous viviez dans un monde de sauvages au milieu des Arabes. Le sionisme (il serait plus juste de dire les Ashkénazes) vous ont offert un pays ». Ces Juifs arabes sont venus former un prolétariat coupé de ses racines et de son histoire, une proie idéale pour tous les partis racistes.
Le sionisme a des faces multiples. C’est un nationalisme très particulier puisqu’il lui a fallu inventer la notion de peuple juif et l’idée du « retour » (l’Alya). C’est un colonialisme très particulier puisqu’il vise, non pas à domestiquer et à exploiter le peuple autochtone, mais à l’expulser et à le remplacer. C’est une idéologie qui a prétendu offrir un havre de paix aux Juifs persécutés. S’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il en sera ainsi tant que durera le projet de détruire la Palestine. Et le sionisme a besoin de l’antisémitisme pour pousser les Juifs à émigrer, son rêve fou étant de les rassembler tous dans un « État Juif ». Aujourd’hui 40% des Juifs du monde entier vivent en Israël.
Le sionisme, c’est aussi depuis 1967 la transformation d’Israël en tête de pont de l’impérialisme au Proche-Orient. Une tête de pont particulière puisque ce sont les dirigeants sionistes qui dictent (grâce à leur impunité) aux occidentaux la politique menée en faisant systématiquement ratifier leur stratégie du fait accompli.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération

