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Daniel RIOT 1er novembre 2006 13:39
Daniel RIOT

Pour ou contre la « fiction docu » ? C’est un vrai débat.En l’occurence, les Villemin ont donné leur accord (ils l’ont dit dans une ITW à La Croix) pour coupé l’herbe sous les pieds à un projet de film produit par une chaine privée qui appremment n’avait ni le sérieux ni l’honnêté de ce qi a été fait...Sur le journalisme,je ne cache pas mon isolement. Nous sommes sans doute dans une crise de croissance (ou de régression) médiatique. D’une crise, on doit sortir...Je tiens à citer ici un extrait du prologue du livre que Denis Robert a publié sur cette affaire (Mémoires d’un rat, aux éditions Hugo) : « J’ai appris le journalisme au bord de la Vologne. Je l’ai désappris aussi. C’est sous la ligne bleue des Vosges que tout s’est joué pour moi entre 1984 et 1985. Un stage de formation ultra-intensif. J’ai été pris dans un shaker médiatico-judiciaire dont je ne suis pas sorti indemne. Même si, contrairement à d’autres, j’en suis sorti... Combien étions-nous à avoir fréquenté le petit hôtel de Brouvelieure ? La maison de Lépanges, la gendarmerie de Bruyères ou le tribunal d’Épinal ? Deux cents ? Trois cents ? Quatre cents ? Des rats. Des homo-micros aux dents acérées, des homo-stylos se nourrissant de charogne, des homo-éditos pétris de certitudes. Mon copain Eric Darcourt de Y AFP avait raison quand il expliquait que tout cela n’était qu’une histoire d’argent. Il avait tort aussi. L’argent gagné par les avocats ou les patrons de presse ne peut expliquer seul l’acharnement collectif. Il y avait le corbeau qui nous narguait et les visages angéliques de Christine Villemin et de son fils Grégory. Cette folie qui s’est emparée du collectif. Grand corps malade. J’aurais beau jeu de confier que j’ai réussi à échapper à toutes les saloperies faites là-bas au nom de la liberté de la presse. La folie s’était emparée de moi aussi. Depuis que je suis revenu de la Vologne, combien de fois m’a-t-on demandé si je croyais vraiment que la mère était innocente ? Si j’étais sûr que Christine n’avait pas d’amants ? Combien de théories bidon ai-je entendu sur la manière dont elle s’y était prise pour noyer son fils ? Je me suis fermé. Si j’avais dû mettre des gifles chaque fois que quelqu’un m’a donné sa version de l’histoire, j’aurais des mains en corne aujourd’hui. Je tiens à le dire ici une fois pour toutes. Eh bien oui, Christine Villemin était innocente. Parfaitement, entièrement innocente. »



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