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JC. Moreau 27 avril 2009 12:11
JC. Moreau

@Masuyer,

par exemple un juif maghrébin peut passer à la catégorie occidentale alors même qu’il vient de débarquer de sa Tunise natale, par contre l’Algérien, de culture musulmane, né sur le sol français est un arabe

cf le lien donné plus bas, où l’on voit que dès 1889 les Juifs d’Algérie et les « étrangers » étaient citoyens français, quand les populations « musulmanes » restaient indigènes.

Encore faut-il préciser que si l’Administration française n’avait que très peu d’intérêt à naturaliser en masse les « indigènes » algériens, ces derniers répugnaient dans leur grande majorité à demander le bénéfice d’une naturalisation qui aurait eu pour conséquence de les soustraire à la loi musulmane. Ce que A. Girault a d’ailleurs très bien formulé :

« L’indigène éprouve une répugnance compréhensible à solliciter une naturalisation qui, ayant pour résultat de le soustraire à la législation dérivée du Coran, est presque toujours une apostasie et le fait considérer par ses coreligionaires  comme un renégat. D’un autre côté, l’Administration se souciait peu d’accueillir les demandes de naturalisation formées par certains indigènes instruits et élevés à l’européenne : en devenant citoyen français, ils échappaient au régime de l’indigénat et ils acquerraient une indépendance et une liberté de langage qui pouvaient gêner son action  » (Source : Arthur Girault, Principes de colonisation et de législation coloniale, Paris, Librairie du Recueil Sirey, 1938, p.359-360.)

On comprend d’ailleurs à quel point la naturalisation était condamnée par une partie de la société musulmane lorsque l’on sait que certains ulémas allaient jusqu’à provoquer des émeutes, en Algérie comme en Tunisie, lors de l’enterrement des musulmans qui avaient opté pour la naturalisation. Cette incitation à l’émeute s’est d’ailleurs surtout développée après que le Projet Blum Violette ait été avorté, qui prévoyait d’accorder à tous les « indigènes » la citoyenneté françaises tout en leur garantissant le maintien de leur statut personnel (ce qui impliquait par exemple que le mariage entre musulmans serait régi exclusivement par la loi coranique et non par le droit civil français). (Source : J.H. et P.P Kaltenbach, La France : une chance pour l’Islam, Ed. du Félin, 1991, p. 30).

Bref, tout ceci pour dire que la cristallisation sur la période coloniale est à mon sens un argument à double tranchant.



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