• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Marcel Chapoutier 24 juillet 2009 16:55
Marcel Chapoutier Liberté pour Salah Hamouri !

Je relaie cet appel afin de faire libérer Salah Hamouri jeune franco-palestinien accusé injustement, victime du délire paranoïaque bien entretenu par les autorités israéliennes et de l’arbitraire kafkaïen auquel sont soumis tout les palestiniens dans leur propre pays.Je cite :

« Il habite à Jérusalem-Est, dispose d’une carte d’identité dite "de Jérusalem" et il peut circuler. Ce jour-là, le 13 mars 2005, il allait en voiture avec des copains à Ramallah. Arrivés au « checkpoint » de Qalqiliya il présente ses papiers. Les soldats les consultent, puis le font descendre du véhicule et l’arrête sans aucune explication. Il est conduit aussitôt en prison. Ses parents ne savent rien, ils ne sont informés de rien mais ils ne le voient pas rentrer le soir.

Salah ne sait pas pourquoi il est arrêté. Puis les accusations lui sont dévoilées : trois mois exactement avant son arrestation il est passé de nuit, en voiture, devant la maison sous surveillance absolue du rabbin Ovadia Yossef 

Après trois ans de détention préventive dans une prison israélienne, son avocate israélienne Leah Tsemel, lui suggère sur proposition du procureur militaire israélien de plaider coupable à son procès, au risque d’encourir 14 années de prison[réf. Suivant les conseils de son avocate, et comme le font 95% des prisonniers palestiniens, il accepte cette procédure et la condamnation est ramenée à 7 ans d’emprisonnement, prononcée par le Tribunal militaire israélien de Judée, à Ofer en Cisjordanie, le 17 avril 2008, sans possibilité d’appel.

Pendant les trois années de détention préventive, une vingtaine d’audiences prévues afin d’établir les preuves de l’acte d’inculpation sont reportées sur désistement des différents témoins. Le Ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, « a attiré l’attention a plusieurs reprises des Autorités israéliennes sur le caractère inacceptable de son incarcération sans jugement durant trois années.

Salah Hamouri fait partie des 11 000 prisonniers palestiniens détenus dans les prisons d’Israël. Il est actuellement détenu à la prison de Guilboa. »


Dimanche une commission se réunit pour décider si Salah Hamouri sera libérer. Il est emprisonné à Gilboa depuis 1596 jours. Des milliers de personnes exigent l’intervention des autorités françaises. Nicolas Sarkozy doit l’entendre et interpeller les autorités israéliennes.

Salah Hamouri, notre compatriote, va-t-il recouvrer la liberté dimanche ? Depuis le lancement de la campagne pour la libération de Salah, relayée par l’Humanité, des milliers de personnes ont exprimé leur émotion en signant la pétition. Émotion d’abord devant ce déni de justice que représente la condamnation de Salah par un tribunal militaire d’occupation et donc non reconnu par le droit international. Les autorités israéliennes ne cherchent même pas à travestir quoi que ce soit. Ce qui leur importe, qu’il y ait eu faute ou non c’est de montrer aux Palestiniens que leurs moindres gestes, leurs moindres déplacements peuvent être sanctionnés. Nul besoin de montrer la culpabilité d’un accusé. Comme si le simple fait d’être Palestinien était déjà condamnable. Émotion encore - surtout - devant l’attitude des autorités françaises. Nicolas Sarkozy, si prompt à défendre les Français « où qu’ils soient » - de fait il l’a montré au Tchad avec l’Arche de Zoé, au Mexique avec Florence Cassez, en Colombie avec Ingrid Betancourt et plus récemment au sujet de Clotide Reiss, emprisonnée en Iran. sans oublier le soldat franco-israélien Gilad Shalit, arrêté par la résistance palestinienne alors qu’il était en opération avec une patrouille israélienne, qui semble être la préoccupation première du président de la république, dont le conseiller diplomatique, Jean-David Levitte, a même plaidé la cause auprès… du président syrien Bachar al-Assad.

De Salah Hamouri, il n’en a jamais été question dans les déclarations publiques du président français. Si la campagne menée par le comité de soutien à Salah a forcé l’Elysée a recevoir Denise Hamouri, il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy n’a pas daigné se déplacer. Un de ses conseillers s’en est chargé. Depuis, silence. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, peut bien expliquer que la « diplomatie silencieuse » est plus efficace, on ne comprend pas pourquoi ce qui serait valable pour Salah ne le serait pas pour Gilad. Et inversement. D’ici dimanche, il est encore possible de faire entendre la voix de la démocratie et de la justice.

En l’occurrence, il semble bien que les autorités françaises, l’Élysée et le Quai d’Orsay, ne veulent pas ennuyer leurs amis israéliens parce que toute leur politique se résume à un soutien inconditionnel à la politique de Tel Aviv. Alors que les critiques sont fortes à Washington, que les États-Unis envisagent des sanctions financières contre Israël, Paris a reçu le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu qui poursuit pourtant la colonisation des territoires palestiniens.

Salah Hamouri, notre compatriote, va-t-il recouvrer la liberté dimanche ? C’est ce que nous espérons. Une liberté à laquelle il peut prétendre, y compris au regard du droit israélien. Il est à craindre que les autorités israéliennes n’assortissent une possible libération de Salah d’un bannissement. Il serait libéré mais devrait quitter ses parents et ses camarades. Il ne pourrait pas retourner à Jérusalem-est, occupée par Israël. D’ici dimanche, il est encore possible de faire entendre la voix de la démocratie et de la justice. C’est à cela que nous invitons les lecteurs de l’Humanité et, au-delà, tous ceux qui sont épris de liberté. Le comité de soutien à Salah Hamouri est riche de cette diversité française. Nicolas Sarkozy doit l’entendre et interpeler les autorités israéliennes.

 Pierre Barbancey



Palmarès