J’adhère en grande partie à vos idées, mais pas sur tout, et je voudrais aussi faire remarquer que des écoles alternatives existent, qui ont essayé, et essayent toujours, de mettre l’accent sur l’épanouissement plus que sur les performances et la compétition. C’est une bonne chose, le seul problème, c’est que beaucoup ont été (vont) trop loin dans cette voie du « radicalement différent ». Comme quoi...
Par exemple, je trouve que l’expérience de Vitruve telle qu’elle a été menée dans les années 70 a poussé le bouchon trop loin dans la négation des méthodes « traditionnelles » : fini les cahiers, les gamins n’écrivaient plus, et en plus ils étaient politisés par les enseignants, si j’en crois un documentaire vu l’année dernière (ou celle d’avant je sais plus) sur Arte, qui montrait ces faits, le discours archi révolutionnaire des enseignants, et les enfants jouant des sketches politiques mettant en scène un patron et un ouvrier, censés faire leur éducation... Je ne sais pas comment fonctionne Vitruve aujourd’hui.
J’ai également rencontré des directeurs ou fondateurs d’écoles alternatives (hors contrat) qui pensent que le savoir académique n’a pas d’importance du moment que le gamin s’éclate. Les contenus dans leurs écoles sont réduits au strict minimum, et je ne saurais pas vous dire pourquoi, mais à chaque fois la personne que j’ai rencontrée attachait une énorme importance à l’activité de jardinage. Je sais pas pourquoi, mais il fallait absolument que le gamin jardine, qu’il plante chaque jour des trucs dans le potager derrière l’école. C’est bien de jardiner, mais là ça semblait vraiment excessif.
On voit de tout, du bon, du moins bon, mais en tout cas, ce genre
d’écoles différentes existe bel et bien.
Pour les
notes, c’est vrai que ça induit un stress et un esprit de compétition qui sont à mon avis aussi complètement inutiles. L’enseignant en a peut être besoin pour lui, pour visualiser le parcours et l’évolution d’un élève, mais les communiquer à l’élève (et en plus souvent devant toute la classe !) est en effet néfaste et stigmatiseur.
Pour la sélection scolaire artitraire, je suis également d’accord avec vous. On aiguille une bonne fois pour toutes un gamin sur une voie, et ensuite c’est quasi impossible d’en changer, meme si soudain une vocation nait chez le jeune et qu’il souhaite se reconvertir vers d’autres études.
Ce problème serait résolu si nous adoptions le système de bac anglais (un bac par matière) qui permet des reconversions si l’on se trompe de voie, en repassant simplement le ou les matières nécessaires. D’autant plus que les vocations sont parfois longues à se manifester. Tout le monde ne sait pas encore à 14 ou 15 ans à quoi il veut consacrer sa vie, et c’est bien normal.