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Philippe Sage 25 septembre 2009 12:53
Philippe Sage

Pourquoi les « pauvres » votent-ils à droite, ai-je lu ?

En 1981 quand un homme venu de la droite, François Mitterrand, fut élu sous la bannière dite socialiste, un immense espoir est né dans la classe ouvrière (qui existait encore) et chez les classes moyennes (à l’époque, cela voulait dire quelque chose). L’espoir fut déçu. Cela donna une première cohabitation (1986) et l’émergence du Front National (absent de l’élection présidentielle de 1981) avec aux élection européennes de 1984, et pour la première fois, un score à deux chiffres. Cet espoir déçu a également entraîné la chute du PCF. Plus encore après la chute du Mur de Berlin. Alors oui, Mitterrand a été réélu en 1988, mais qui y avait-il en face ? Chirac ? Barre ? Le second septennat de Mitterrand fut un désastre, re-sanctionné par une nouvelle cohabitation (1993). Fin de l’espoir à gauche. Par une manœuvre politicienne (virer les balladuriens du Parlement) abracadabrantesque, Chirac anticipa les Législatives de 1998. Là, le PS a eu une occasion historique de prouver que la gauche et la droite c’était pas la même chose. Or, privatisation de France Télécom, enclenchement de la privatisation de la Poste (car oui, c’est le Gouvernement Jospin AVEC les communistes qui a lancé le processus) et j’en passe. Des 35 heures, qui en soi, n’étaient pas une mauvaise idée (Mitterrand en parlait pendant la campagne présidentielle de 1981 ajoutant qu’un jour on arriverait aux 32 heures) mais mal appliquées, bâclées. Sanction terrible en 2002.
Les pauvres, les classes moyennes, elles sont parties chez Le Pen, Chevènement, De Villiers, Laguiller (énorme score en 2002) Besancenot et .. dans l’abstention. Le PS aurait pu se refaire lors du référendum du 29 mai 2005 à propos du TC. Mais non. Ils sont passés à côté. A côté du peuple, des classes populaires. Ils sont discrédités pour longtemps. Ils sont libéraux, le peuple le sait. En clair, le PS n’est pas prêt de revenir « aux affaires ».
Mais la crise, alors ?
Eh bien, lorsqu’il y a une crise d’une telle ampleur (cf : 1929) l’électeur se tourne vers .. la droite. Et pourquoi ? Parce que pour le peuple, la droite symbolise la sécurité, la rigueur, le pragmatisme. Si au final, ce vote est déçu, alors le peuple se tourne vers les extrêmes (1933). Si, à nouveau, y’a déception, alors il essaye la « gauche institutionnelle » (Front Populaire 1936 en France). Mais en dernier recours ...
La crise n’est pas une opportunité électorale pour la gauche. Et Sarkozy, maitre es-médias, a de beaux jours devant lui. Il aimerait bien être réélu en 2012 dès le premier tour, comme il le rêvait pour Balladur en 1995 (voir « L’Heure de Vérité » du 8 janvier 1995). Car il se représentera. Comme il le disait lors du premier semestre 2009 : « Je ne suis qu’à la moitié de MON PREMIER mandat. »
Seul DSK (un autre libéral, piètre tribun, homme fade, austère, mais qui représente pour l’opinion, la rigueur, le sérieux, le pragmatisme) pourrait l’en empêcher. Mais DSK, ce n’est pas la gauche. Ça ne l’a jamais été.



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