« La propriété privée est une notion éminemment individualiste et
capitaliste qui tend à faire reconnaître le mérite (et donc la valeur)
d’un homme selon ses acquisitions, c’est à dire ces richesses. »
Richesses = valeur = mérite, je crois qu’il y a là comme un tropisme -
la richesse ne représente ou n’exprime que très rarement la valeur d’un
homme ou son mérite à moins que, par un des mystères que seul ce monde
endommagé peut nous offrir, la richesse soit un substrat de fait
transmissible à travers les générations d’héritiers qui portent en eux
la « valeur » et le « mérite » de leur descendant ? Selon cette « métaphysique »
simpliste, il est en effet beaucoup plus méritant pour un marchand de
tableaux ayant raflé l’ensemble des œuvres d’un artiste désœuvré
moribond que l’artiste ayant peint ces dites œuvres dont le génie a été
reconnu - après tout ce marchand a su par sa « valeur » et son « mérite »
faire fructifier ces choses « inutiles » au sein du marché, lui donner une « vraie » valeur. Cependant je ne crois évidemment pas que vous soyez dupe, puisque vous apportez cette précision : « notion éminemment individualiste et
capitaliste ».
C’est un tropisme que l’on retrouve par ailleurs dans la définition de Wikipedia éminemment discutable : « L’expression propriété privée est un pléonasme : au plan conceptuel, la propriété est nécessairement privée. Il n’existe pas de concept de « propriété non-privée », le domaine public
étant un concept totalement différent puisqu’il recouvre des choses
dont l’usage est totalement libre ou régulé par des lois de police
spécifiques (exemple : le code de la route). »
Ce qui m’apparaît déjà plus approprié : La propriété privée est ce qui
appartient en propre à un individu selon un corpus de loi qui lui
permet à la fois de réclamer l’usage privilégier de cette propriété et
de défendre ce droit.
Se pose la question de savoir si cette propriété privée est
un droit « naturel » tel que le pose les libéraux, la morale qu’ils ont
établie mérite d’être questionner de nouveau au regard des analyses qui
ont été formulées, non pas au sujet de leur doctrine, mais concernant
la généalogie d’une culture - l’avènement de l’individu propriétaire
n’est-il pas finalement le résultat d’un jeu de forces dont l’issu lui fut favorable ? « Nature » étant le nom de ce qu’on ne remet que rarement en question, un peu comme le vainqueur.