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gib 17 novembre 2006 19:00

J’ai lu avec grand intérêt « Clémentine Autain, Portrait ».

Ainsi que l’a expliqué l’auteure - Anne Delabre - dans le journal 20 minutes, « il ne s’agit en aucun cas d’une commande de Clémentine Autain qui était même très réticente au début. Les éditions Danger Public souhaitaient faire quelque chose sur elle car elle est l’une des figures montantes de la gauche ».

Belle occasion de faire connaissance avec l’une des figures - une étoile, écrit l’auteure - de la nouvelle génération politique. Et de comprendre comment l’on passe du militantisme associatif ou mouvementiste à la prise de responsabilités et donc de risques politiques.

Fait rare, Clémentine Autain y révèle le viol dont elle a été victime à l’age de 22 ans ; quelques organes de presse s’en sont fait l’écho ; moins nombreux qu’on aurait pu le penser et c’est certainement la preuve que ce sujet reste un tabou de notre société. La raison est probablement que le viol manifeste le rapport de domination des hommes sur les femmes.

Indépendamment de l’intérêt qu’on porte à Clémentine pour son action politique, ce « portrait » démontre qu’il y a une vie après un viol, que la femme violée n’est pas une victime à vie, même s’il y a un avant et un après.

Et cette révélation - qui tient en un paragraphe dans le livre - ne relève pas du « coming out » : qu’une personnalité révèle son homosexualité à l’instar de Bertrand Delanoë en 1998 n’explique en rien son engagement politique même si le geste est utile au combat contre l’homo phobie. Le témoignage de Clémentine porte sur les conséquences de ce crime subi en termes d’engagement, de comportement, d’exigence envers elle-même.

Et, à partir de ces ressorts intimes, on comprend mieux en quoi l’idée de « faire carrière » lui fait horreur pour reprendre l’expression qu’elle avait maladroitement utilisée à propos de Ségolène Royal ou Dominique Voynet.

Le vrai travail de journaliste mené par Anne Delabre fait voler en éclat l’image de petite bourge ou de bo-bo que certains tentent de lui coller. On y découvre une jeune femme engagée, bosseuse, viscéralement progressiste.

Clémentine Autain n’est issue d’aucun moule institutionnel. Cela semble difficile à admettre par les dépositaires de différentes traditions. Mais elle est en phase avec les mouvements émancipateurs de ce nouveau siècle et cela ne peut que donner confiance. Pour reprendre l’expression d’Anne Delabre, elle n’est pas de la génération à venir mais de la génération d’aujourd’hui.

gib

CLEMENTINE AUTAIN, Portrait

Auteur : Anne Delabre

Editions Danger Public

€. 10,50



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