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Grasyop 21 octobre 2009 10:59

Comme ça fait plusieurs mois que le sujet de la burqa dans la rue est posé, et que j’y avais déja réfléchi et réagi, j’ai envie de reposter ici mon point de vue (en partie proche de celui de l’auteur de cet article ; en partie seulement) :

(N.b. : à l’époque, on n’avait pas encore pris la dimension du problème en recensant le nombre de femmes concernées en France.)

***

Le problème est essentiellement le même que face à toutes les sectes, tous les endoctrinements : jusqu’où laisse-t-on à un individu majeur son entière liberté et responsabilité d’être, de faire, de s’habiller, de prendre des risques s’il le veut, quitte à le laisser se détruire physiquement ou psychologiquement, et à partir de quand considère-t-on que cela va trop loin, que cet individu, pourtant majeur, est manipulé, non responsable de ses actes, et que l’on est en devoir d’intervenir, de le libérer contre son gré du danger auquel il s’expose. C’est ça le problème !

Bien sûr, c’est triste de voir ces femmes se soumettre à ces prisons ambulantes que sont les burqas. Emprisonnement vestimentaire qui va de plus généralement de pair avec un enfermement psychologique sans doute encore bien plus grave pour la victime (*). Mais est-ce qu’on peut interdire à ces femmes, « majeures et vaccinées » comme on dit, de se soumettre au code vestimentaire qu’elles souhaitent ? Je sais bien qu’elles sont endoctrinées depuis toutes petites, mais pour la loi elles sont majeures quand même !

Des comportements auto-destructeurs, dans la société, il y en a bien d’autres. Si l’on juge qu’il faut intervenir pour empêcher les gens de se faire du mal à eux-mêmes, alors il faudrait songer à interdire le tabac par exemple. Pas seulement dans les lieux publics, pour les empêcher d’enfumer les autres, non, dans la rue, comme on veut ici le faire pour la burqa, dans la rue, pour protéger les fumeurs d’eux-mêmes, de leur addiction, et leur éviter peut-être une mort horrible dont ils n’ont pas encore conscience.

Par ailleurs on peut aussi penser à des raisons non sectaires de se vêtir d’une burqa. [...] Par exemple, un usage parodique ou de dénonciation du vêtement : imaginons que l’on organise, en France, une manifestation anti-burqas, qui consisterait à défiler vêtu du dit accoutrement pour, précisément, dénoncer les conditions de vie des femmes sous les talibans, où le problème n’est pas que ces prisons ambulantes soient autorisées mais qu’elles sont obligatoires ! Est-ce qu’une loi anti-burqa en France empêcherait d’organiser une telle manifestation ? Si oui, ce serait regrettable ! On atteindrait en l’occurrence l’exact contraire du but recherché par cette loi !

* : Ce dernier a néanmoins l’« avantage » (sic) de ne pas nous sauter aux yeux, de ne pas défigurer le paysage, donc on va l’ignorer pour se focaliser sur le vêtement qui, lui, choque nos petits yeux. D’où la question que je me pose : le but d’une loi anti-burqa serait-il réellement d’aider les victimes de l’islam intégriste (but noble, assurément, mais dans ce cas il y a beaucoup plus à faire que simplement supprimer la burqa), ou alors le but est-il simplement d’empêcher ces victimes de gâcher notre paysage, nos rues, pour protéger nos petits yeux douillets ?



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