Bahhh….Ô Kronfi…Grand Néon de la Penchiée Valaque…elles sont jolies toutes ces thèses…le Hic, avec un gro H comme dans Halal, c’est qu’elles se con-tredisent les unes les autres, mais ont pour point commun de faire l’impasse sur ce qui les dérangent…bref on construit une thèse en fonction d’une conclusion pré-établie…pas très rigoureux…
Bref, petite explication…c’est bien cher apprenti islamogogologue de lire des livres mais bon encore faut-il être à même de les analyser et de déceler les incohérences…comme je suis d’humeur altruiste aujourd’hui, je vais vous donner un coup de main, genre éclairage en espèrant que vous vous remettrez à vos études avec un peu plus de sérieux ! parce qu’en additionnant toutes ces thèses, n’importe quel esprit doué d’une intelligence minimale verrait bien à quel point elles sont biaisées, ignorant les règles et normes en linguistique, archéologie, histoire, etc…
D’un, les thèses de frère Bonnet-Eymard, Luxenberg et tous les autres qui optent pour l’origine syro-araméenne : vieille thèse initiée par un chrétien oriental (communauté araméenne, semble-t-il) revanchard et islamophobe avéré…
Thèses qui d’un font le choix de préférer chercher une racine en hébreu ou araméen même quand les racines en arabe existent….un peu comme si pour expliquer un mot en français je cherchais son sens dans une autre langue avec pour ascendance le latin…genre expliquer un mot français, avec un mot proche en espagnol, voir roumain…la logique étant que en linguistique on se réfère à la « langue-mère » ici ce serait le latin, plus généralement le proto-indoeuropéen…
Or le hic, c’est qu’au niveau des langues du groupe sémitique, on ne dispose pas d’un lexique de protosémitique…ce qui complique l’affaire quand on veut savoir quelle langue (arabe, hébreu, araméen, langues éthiopiennes, etc…) a emprunté à l’autre, ou si une même racine est d’origine protosémitique et à donner naissance à des sens différents selon les évolutions respectives des différentes langues sémitiques…
Bref pas de protosémitique pour définir le sens originel des racines (majoritairement consonnantiques des langues sémitiques) et donc établir soit si il y a eu évolution divergente, soit si il y a eu transfert d’une langue vers l’autre.
Transfert ? point central des thèses de Bonnet-Eymard, Luxenberg…point faible aussi…en effet quand ils attribuent à tel ou tel mot arabe (coranique) une origine syriaque, ils oublient de rappeler à leurs lecteurs que pour faire cela ils usent de précis de grammaire syro-araméenne datant principalement du XIIème siècle, et donc d’une époque où non seulement les transferts d’une langue à l’autre se sont fait de l’arabe vers les syro-araméen, mais aussi d’une époque où la grammaire arabe a influé sur la grammaire syro-araméenne…bref élément qui jette un certain doute sur leurs thèses, voir leurs intentions…notamment losqu’ils ignorent volontairement une racine arabe cohérente avec le texte.
Autre point, ils ignorent volontairement les réalités historique et linguistique de la période qui nous intéresse, à savoir la période de compilation, écriture du corpus coranique (révélation pour les musulmans) soit période allant approximativement du 7ème siècle au Xème (voir XIème siècle) : période ou d’un le syro-araméen n’est plus lingua franca dans la région, supplanté par le grec depuis plusieurs siècles déjà, d’autre part le syro-araméen a influé dans un espace très limité (région d’Edesse principalement), une expansion sud donc vers la péninsule arabique ou sa périphérie immédiate n’est pas attesté archéologiquement, les principales traces archéologiques témoignent d’une prépondérance du grec ; de deux, la fixation de la grammaire syro-araméenne est post-islamique, c’est la grammaire arabe qui a influé sur la grammaire syro-araméenne et non l’inverse, enfin de trois d’autres sources scripturales ou linguistiques sont volontairement ignoré afin de valider ces thèses.
Rapidement autres sources : d’un les différentes traces archéologiques d’écriture arabe pré-islamique que ce soit dans le Hedjaz ou dans sa périphérie, mais aussi et surtout dans l’ensemble de la péninsule arabique et notamment la région des actuels Yémen et Oman…ensuite black-out total sur l’influence du christianisme éthiopien, quand bien même les références dans le texte coranique sont explicites, ainsi que le traitement de faveur accordé à l’Ethiopie dans la tradition musulmane…
Rapide topo : références du texte coranique et de la tradition musulmane à des apocryphes typiques du christianisme éthiopien (feuillets de Moïse et d’Abraham, Livre des Jubilés), de deux parallèle assez aisé à établir entre le concept de Oum Al Kittab de l’Islam et même concept trouvable dans la tradition éthiopienne (Livre (parole divine) écrit en lettres de feu, gardé par des anges…Livre d’Henoch ( à vérifier), de la même façon une des traductions de Mohammed est le Bien-Aimé, référence et multiples occurrences à ce « titre » dans le même livre d’Henoch du Canon Ethiopien…plus influences sud-arabiques certaines, Saba, Empire Himyarite (christianisme)…
Bref, toutes les thèses que vous citez imposent d’emblée une influence venant du Nord, en ignorant VOLONTAIREMENT les éléments archéologiques, linguistiques, historiques, etc…qui ne vont pas dans le sens de ces thèses….à savoir traditions éthiopienne et sud-arabiques, pré-existence d’une langue « convention » entre les diverses tribus arabes, négation de la prépodérance des échanges péninsule arabique-Afrique de l’Est...
désolé mais cela n’a rien à voir avec une quelconque rigueur scientifique…et autant certains points soulevés par ces thèses peuvent être intéressant, autant la malhonnêteté évidente de leurs défenseurs les invalident…car en tant que spécialistes du texte coranique et philologues, ils ne peuvent ou ne pouvaient ignorer les influences pré-citées, qui elles ne sont pas spéculatives mais aisément vérifiables...
pour finir, d’un nécessité d’un lexique de proto-sémitique pour faire le tri entre les langues concernées (arabe, hébreu, syriaque mais aussi langues sud-arabiques et éthiopiennes) de deux nécessité de définir quels courants chrétiens et juifs ou traditions ont pu influer l’islam...et savoir donc de quels chrétiens et de quels juifs, le texte coranique parle-t-il...n’sara, masihin, yehoud...sont des termes trés vagues notamment lorsqu’on parle d’une période connaissant une multitude d’écoles, hérésies, courants chrétiens et où le judaïsme n’est pas celui que nous connaissons aujourd’hui...
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