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Antenor 21 novembre 2009 15:56
Antenor

Difficile d’évaluer la durée séparant la construction de l’église de Mont-Saint-Vincent de celle de Gourdon. Dans la première, les scènes des chapiteaux sont très figées, statiques alors qu’à Gourdon, c’est déjà plus vivant.

Le pagus de Gourdon et de Mont-Saint-Vincent est agricole et c’est bien là le problème. J’ai du mal à croire qu’ils aient pu financer seuls la construction de leur église. Le Mont-Saint-Vincent est certes moins isolé que le Mont-Beuvray mais on est toujours dans une logique de capitale relativement coupée du monde. Là encore, je ne vois pas avec quels moyens les occupants de Mont-Saint-Vincent auraient pu soumettre ceux de Chalon. Ils pouvaient mener une guerilla depuis leur montagne mais avec des moyens limités. Tout ce qu’ils risquaient de récolter, c’est une coalition des nombreux habitants des vallées.
 
Les chefs éduens auraient abandonné Chalon à Arioviste pour aller se réfugier à Mont-Saint-Vincent ? C’est tenable quelques semaines voir quelques mois mais pas pendant des années. Quand Charles V a quitté Paris, il s’est réfugié dans une grande ville, Bourges, d’où il a pu réorganiser sa défense. Imaginez les discussions entre les paysans éduens voyant leur pays occupé par les troupes d’Arioviste et apercevant au loin le Mont-Saint-Vincent où se terrent leurs dirigeants affamés. Je verrais plus le Mont-Saint-Vincent comme une balise lancée par Chalon en direction de l’Ouest que comme le centre du pouvoir éduen. A partir du moment où les principales villes sont tombées, il n’y a plus de ressources pour se défendre.

Je ne pense pas qu’Arioviste se soit emparé de Chalon. Au moment où César franchit le Rhône, le Suève ne devait occuper que le Mont-Beuvray/Gorgobina ravitaillé par les Arvernes. Si Chalon et Autun étaient tombées aux mains d’Arioviste, Divitiac n’aurait jamais pu rentrer chez lui après son voyage à Rome. Autun était peut-être un peu moins puissante économiquement que Chalon mais semble plus facile à défendre. Chalon avait le grand désavantage d’être très excentrée sur les bords de la Saône et relativement exposée aux attaques des Séquanes. Tout comme elle était sous la protection de Dijon au Moyen-Age, elle était peut-être sous celle d’Autun à l’époque gauloise. Autun est située sur un noeud commercial moins important mais elle a un pagus qui semble plus facile à contrôler. Elle est au centre d’un réseau de vallées relativement faciles à bloquer alors que Chalon est coincée entre le fleuve et les hauteurs et exposée à tous les vents.



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