On voit bien avec Gergovie que les vestiges seuls ne sont pas suffisants pour prouver que tel ou tel endroit est une capitale (administrative ? économique ? militaire ?) ou non. Des vestiges, il y en a un peu partout.
Pour en revenir aux pérégrinations helvètes.
C’est la localisation même de la Saintonges, à l’autre bout de la Gaule par rapport à l’Helvétie, empêchant ainsi toute possibilité de vérification rapide et fiable de l’information, qui fait penser que cette destination est un leurre destiné à tromper Arioviste sur les intentions réelles des Helvètes. César a dû se faire une joie de répéter cette information à son tour pour tromper le sénat romain. Si elle finissait par s’avérer fausse, il aurait eu beau jeu de dire qu’il s’est fait pièger lui aussi. Il se garde d’ailleurs bien de préciser qui la lui a communiquée alors qu’il n’hésite pas à révèler les confidences de Lisc et Divitiac.
Comme toute troupe importante en marche, les Helvètes ont dû causer quelques troubles sur leur passage, même en pays ami. Il serait cependant étonnant que les paysans victimes aient fait des dizaines de kilomètres pour aller demander de l’aide à César. Il est beaucoup plus vraisemblable qu’ils se soient plaints directement à leurs notables parmi lesquels beaucoup d’adversaires politiques de Dumnorix, à l’image de Lisc. Pour eux l’occasion était trop belle, ils ont voulu se servir de César pour se débarasser des Helvètes et donc de Dumnorix. C’est probablement eux qui ont exagéré les ravages causés par les Helvètes et là encore César s’est fait une joie de répèter leurs paroles au Sénat de Rome, faisant ainsi passer son invasion de l’Eduie pour une coopération militaire avec un allié. L’erreur de Divitiac et Dumnorix aura sans doute été de laisser César anéantir les Helvètes sans tenter de leur porter secours. A partir de ce moment là, il perdent définitivement l’initiative au profit du Consul de la Narbonnaise.