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joelim 2 janvier 2010 18:23
joelim

Pour sortir de la ternitude jazzière (je sais, ce néologisme est horrible) la voie est peut-être la musique balkano-orientale. Je pense notamment au trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, qui initie enfin l’intelligensia française de la musique (télérama etc) aux magnifiques gammes avec 3/4 de tons, caractéristiques des makams turcs ou moyen-orientaux. 

Plus sauvage et jubilatoire il y a la fanfare de Boban Markovic et son fils, c.f. le film Guča (consacré à la virtuosité musicale et basé sur le festival de trompette de ce village d’ex-Yougoslavie), sorti dans un silence retentissant.
Les films de Gatlif et de Kusturiča sont profondément européens : l’Europe de l’Est n’a pas oublié ses racines musicales, contrairement même au jazz manouche qui est sérieusement édulcoré (bien que ce soit de la vraie musique quant même...) puisque basé sur des notions musicales (ex : cycle II - V - I) du jazz intellectualisé. Mais la technique de Django avec ses 2 doigts gauche a bien gagné ses galons de technique incontournable de musique populaire européenne, puisqu’elle est compatible avec les musiques traditionnelles tziganes, qui forment à mon avis ce qui se fait de mieux en art musical...

Sinon, il y a un parallèle à faire entre la mentalité occidentale et sa musique « actuelle » qui, hormis le classique, le jazz et l’ethnique, sont désespérément réducteurs : rythmes caricaturaux en 2 ou 4 temps, échelle uniformément tempérée sont ses paramètres. 

Peut-être cela a-t’il un effet sur la folle psyché collective occidentale ? C’est juste une idée à creuser. Peut-être les musiques tziganes et orientales sont-elles belles car seule une culture opprimée peut faire de telles choses ?... Je ne suis pas loin de le penser. Si cette musique envahissait nos radios peut-être beaucoup de gens la trouveraient triste et ne la comprendraient pas : la tristesse n’est qu’un élément de la joie et de la liberté, ceux qui sont tristes devant les chants tziganes le sont peut-être parce qu’ils se rendent compte qu’ils le sont — tristes —, par rapport à la liberté de cette musique... Je sais c’est pas très clair, comprenne qui pourra et meilleurs vœux. smiley



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