Sieur Mahomet Hilout,
Quand je raconte une historiette, je ne le fais pas gratuitement ou par pur hasard.
Quand je le fais, c’est qu’il y est toujours un sous-entendu très riche et particulier derrière.
Vous aviez très bien compris toutes mes nuances, et vous savez très intimement dans votre for intérieur combien elles sont emprises de raison.
Enjambez les, je n’en ai cure. Je vous ai transmis un message assez percutant, vous pourrez toujours faire le non percuté, je n’en ai cure non plus.
Quant au sujet dont vous avez traité, ce n’est qu’un torchon et rien de plus, digne de Riposte Sioniste (pardon, prétendument Laïque), dont ne sauraient boire à son eau de lessive que ceux qui la prendraient pour du pur vin bonifié.
Les mots en un sens, et vous n’êtes qu’un jongleur qui tente de leur donner les pires sens, en procédant à des pirouettes gauchement sophistiquées, vachement alambiquées, tout en voulant vous drapper dans la cape du sauveur et de l’interprète ingénu.
Vous êtes la version masculine et orientale de tata Caroline Fourest. Vous ne pouvez exister intellectuellement qu’en vous vous accrochant au dos d’auteurs, d’écrits, d’analyses, de points de vues (qui ne sont pas votres), pour en faire tous les détours mauvais et sournois que vous voudriez leur donner (pour satisfaire les fins de ceux à qui vous vous êtes accroché au rideau nourricier).
Autant aller jouer dans la boue que de décrypter vos faux décryptages dont les fins paraissent aussi moins claires et moins limpides que de la boue. Vous ne jouez qu’à de la parole à modeler et à démodeler, à mauvais desseins, à mauvais escient et à mauvais loisirs.
Monsieur Super Décriptator, même l’historiette que j’avais glissée vous l’avez contournée par vos peu habiles pirouettes.
Toutes les questions que vous posiez à la fin trouvent leurs réponses dans des faits et politiques assez simple :
- la décadence du sud est structurellement morale :
- si les sociétés n’étaient pas corrompues, elles n’auraient pas eu des dirigeants corrompus (le prophète disait : tels vous êtes tels vous serez gouvernés)
- les gouvernants corrompus cherchent à se pérenniser et à maximiser leurs profits et intérêts, alors, ils font tout leur maximum pour corrompre davantage leurs sociétés en les enlisant dans l’ignorance, la pauvreté, la faim, la déliquescence morale..., la tyrannie et la corruption
- dans ce genre de climats l’injustice ne peut que régner
- si ces sociétés et gouvernants ne furent pas corrompus, l’impérialisme ne les aurait pas envahis
- pour se pérenniser lui aussi, l’impérialisme chapeaute, lui à son tour, les gouvernants corrompus, et cherche à enliser davantage le climat d’injustice et de corruption (la deliquescence du sud est autant endogène qu’exogène, liée autant au sud qu’au nord, l’immigration au nord n’en est qu’une conséquence parmi tant d’autres, tel que vous l’expliquait l’interlocuteur Mohammed)
- c’est un peu le jeu du serpent qui se mord la queue
- cela n’est pas valable que pour les sociétés du Moyent-Orient et du Sud, mais l’est également pour l’Occident, et nous y assistons pleinement, avec la deliquescence (désormais pas du tout maquillée, dans le Nord,) des politiciens, des médias et de la société et de la sphère socioéconomique, et la montée effrontée du néolibéralisme effrené (qui n’est autre que l’expression du néoimpérialisme)
- c’est un peu le jeu du serpent qui se mord la queue disais-je, mais ce cycle n’est pas un cercle vertueux, il a bien une issue
- avant d’en chercher l’issue il faudrait en comprendre le début
- le début se résume en un seul axiome que Ibn Khaldoun avait déjà énoncé (expliquant la mort des sociétés) : toute société atteignant le summum du luxe finit par se corrompre en tombant dans l’oisiveté
- le même axiome rejoint le fameux dicton arabe : aussi haut l’oiseau s’élève, d’aussi haut (irrémédiablement) il chute
- cela entend qu’aucune progression n’est éternelle
- et que la chute s’enclenche une fois atteignant les summums (trop évident certes)
- que ces summums sont tellement grisants qu’ils font sombrer dans la déchéance physique, psychologique, sociétale et morale
- de là découle une loi : rien n’est éternel (y compris le progrès)
- et de là on revient aux paroles du prophète qui insinuaient que les états extérieurs et sociétaux des gens ne peuvent être issus que de ce qu’il y a au fond de leurs intérieurs, et là il faudrait rappeler le fabuleux verset coranique « Dieu n’amende l’état des gens que s’ils amendent ce qu’il y a dans leurs fors intérieurs ».
Sieur Mahomet, vous avez une vision trop linéaire de l’histoire, et semblez (l’amnésique volontaire) en zapper un certain important empan, comme si les arabomusulmans d’antan n’avaient pas atteint quelques summums que ce soient, comme si l’Islam n’avait pas concouru à la progression de cet empan oublié de l’histoire, et comme si l’éloignement des éthiques de l’Islam (via la assabiya et les vices installés par le despotisme des systèmes monarchiques) n’avaient pas concourut à la sortie de cette roue de l’histoire, et comme si finalement la progression de l’Occident ou sinon de quelques sociétés ne pourrait être que linéaire alors que l’histoire des grandes civilisations passées (y compris arabomusulmane) nous prouve le contraire.
Allez, je vous offre cette dédicace en conclusion :
Nous sommes un peuple que Dieu a anoblit par l’Islam, si nous chercherions l’annoblissement via autre chose que lui, Dieu nous avilira. [Le Calife : Omar Ibn Al Khattab]
Sieur l’auteur, n’osez croire que vos services rendus au profit des semeurs de zizanies, que vos procédés, vos fausses interprétations, vos productions, vos manoeuvres, vos calembours oratoires (face aux commission dreyfussiennes) et le rideau auquel vous vous accrochez vous annoblissent !
Regardez Tariq Ramadan, lui, il est un vrai intellectuel, et un véritable homme libre, digne, honnête, bien dans sa peau, d’autant qu’il est trèèèèèèèès constant, quoiqu’elles en disent les mésanges. Vous ne saurez même pas lui arriver à la cheville.
Imitez les fourests et la longue clique des arrivistes pseudo-intellorientaux, c’est tout ce qui est à votre portée.