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Emile Red 3 mars 2010 11:42
Emile Red

Je suis très dubitatif sur tout ce que je viens de lire.

En premier lieu, accuser les habitants me semblent parfaitement déplacé, ces gens qui ont construit ou acheté en zone « constructible » n’avaient aucune raison pour demander expertise et contre-expertise sur la viabilité de l’achat ou de la construction. Leur méconnaissance des lieux doublée de la confiance qu’ils ont accordée aussi bien aux constructeurs qu’à l’administration les disculpe de toute responsabilité.

Ensuite, beaucoup parle des anciens ou de la tradition, mais qui a donc une mémoire assez vaste pour dénoncer la polderisation effectuée il y a deux siècles et plus, il y a dans le canton de la Faute et d’Aiguillon des maisons pluriséculaires en zones désormais considérées innondables et qui ne l’était pas la veille. Il existe des polders partout dans le monde où personne ne se pose la question de la maîtrise du risque.

Maintenant, idem que pour les habitants, comment les élus qui se reposent sur des expertises soit disant responsables, sur des administrations compétentes, peuvent-ils être mis en cause quand la pression vient de ceux-là même qui les dénoncent le plus souvent aujourd’hui, ils n’ont pas la science infuse, agissent la plupart du temps avec bon sens et dans le dessein de rendre plus confortables leurs communes, nous parlons bien sûr de ces élus qui gèrent les milliers de petites communes en toute bonne foi et souvent avec abnégation.

En définitive, il est si facile de cogner sur les victimes plutôt que de chercher les vraies responsabilité que sont la régionalisation foutoir qui délègue sans financer, l’état qui n’agit plus en maître d’œuvre mais en donneur d’ordre sans signer de chèque, celui là même à qui incombe la sécurité des citoyens.
Il y a quelques années, le gouvernement se gargarisait d’avoir abandonné la commission au plan, la trouvant trop soviétique, mais cette table rase a aussi eu pour effet de laminer tous les équipements et travaux de grande envergure, déléguant la majeure partie des investissements d’entretien à des réalisations somptuaires, un musée plutôt qu’une digue, une pyramide plutôt qu’un pont.

La seule est unique responsabilité dans cette catastrophe est toujours l’incurie et l’absence de considération du risque par cette classe politique qui, du haut de ses ministères, est incapable d’avoir un semblant de capacité à gérer une crise qu’elle soit économique, climatique ou sociale.

Le Sud-Ouest commence à avoir quelques habitudes depuis dix ans de cette impéritie gouvernementale, songez que l’Aquitaine (41 309 km², 275 km de côte) ne possède qu’un seul hélico de la protection civile, et que la plus vaste forêt d’Europe que sont les Landes (près d’un million d’hectares) n’est protégée que par un seul Canadair, obtenu au bout de 20 ans de tractations, alors quelques km de digues qui tiennent encore debout ne sont qu’un moindre souci comparé au paquet fiscal ou aux revenus des traders qui nécessitent une surprotection.

Et qu’importe le Poitou-Charente, la Bretagne ou l’Aquitaine face aux dépenaillés talibans quand on a l’habitude de bomber le torse. 



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