@Ffi, je vais donc répondre à votre question, puisqu’il en semble que là se situe votre souhait principal.
Cependant juste une remarque (rapide) en réaction à ce passage de votre commentaire : « En fait, de mon point de vue, et c’est assez général aux sciences actuelles, le problème essentiel vient du fait d’appliquer une conception inerte à des choses vivantes.
L’objet inerte subit. (iners, inertis : malhabile). Un simple paramètre permet d’en prédire le destin (sa trajectoire : loi de l’inertie de Newton).
Le sujet, lui, il vit. Il est intrinsèquement créatif. Certes, comme l’objet, il subit, mais seulement en partie, car il a l’art de s’adapter, il s’harmonise, s’enfuit, sinon il meurt. »
J’apprécie assez (à entendre : positivement) la teneur ce propos et c’est en cela que je vous invite à comprendre pourquoi la linguistique est une science particulière qui n’applique pas cette conception inerte aux langues nous parlons bien de langues vivantes ou mortes : formulation qui les considère bien comme des entités vivantes ou mortes donc des sujets et non stricto sensu comme des objets conceptuels et donc perçoit et conçoit les langues comme sujets aptes à s’adapter, se nourrir, s’enrichir, muter, s’harmoniser, à se métisser, etc… mais aussi sujettes au déclin, à la contamination, ou disparition : bref comme ayant une vie propre accompagnant l’Humanité et c’est pour cela que la linguistique ne fige pas : cependant à l’évidence dans le cas de langues mortes : elle se doit de signifier l’acte de décés et de passer à l’autopsie.
Vous parlez de création/créativité, la linguistique opère aussi dans des registres qui y renvoient ceux relevant de la sémantique, de la sémiotique, du symbolique…de même la linguistique conçoit des modèles dits en arbre, en vagues, en cercles, parle de parenté, de filiation, de liens génétiques, etc…
Bref tout çà pour dire que la linguistique appartient à l’Anthropologie et que donc elle s’intéresse autant à l’objet qu’au sujet : et bien entendu à l’Homme.
Sur ce réponse à votre interrogation : « Là où je désire une réponse, c’est du point de vue de l’article. Sans adhérer à toutes les spéculations de Mr Mourey, je lui reconnais de dire une chose vraie :Mont-Saint-Vincent est manifestement un emplacement stratégique, offrant 360° de panorama, riche en vestiges anciens alentours.Cela me semble une raison suffisante pour y faire des fouilles.Et vous, qu’en dites vous ? »
ainsi que réaction à ce commentaire grotesque à nouveau dans votre autre commentaire : « Manifestement, vous considérez les anciens comme des singes, ou des attardés mentaux. Ca ne vous intéresse pas les vestiges anciens ? Vous savez, ces trucs du passé qu’affectionnent d’explorer les archéologues. »
premier point similaire à celui relevé par Scott Scapula : imprécision de la terminologie employée : anciens ne veut strictement rien dire d’un point de vue historique, archéologique ou autre…bref d’un point de vue scientifique
second point :
je ne saisis pas ce qui vous permettez de supposer que je considèrerai les peuples anciens comme attardés ou simiesques : j’ai juste
mis en évidence une des failles essentielles de votre raisonnement : à
savoir prêter des considérations contemporaines à des peuples qui sont séparés
de nous non seulement par le Temps mais aussi par bien des points de vue et donc il s’agit de signifier ces
différences et les rappeler.
troisième point et réponse à votre question : « Mont-Saint-Vincent
est manifestement un emplacement stratégique, offrant 360° de panorama, riche
en vestiges anciens alentours.Cela me semble une raison suffisante pour
y faire des fouilles.Et vous, qu’en dites vous ? »
formulé ainsi, je ne vois aucune raison suffisante ou élément pertinent permettant de justifier une mission (pénible et requerrant une véritable logistique) de fouilles archéologiques.
Pourquoi donc ?
1) vous évoquez le caractère stratégique supposé à une époque indéterminée du dit Mont Saint-Vincent : deux options : soit vous avez connaissance d’une telle perception de ce mont chez les peuples locaux préhistoriques ou historiques : celtes ou pré-celtes ; soit vous leur attribuez cette perception en fonction de la votre propre.
De plus cette configuration hauteur+panorama sur 360° se retrouve dans bien d’endroits.
2) vous évoquez des vestiges anciens alentours : bonjour la précision : à quel espace précis (et quelle superficie) renvoie le terme alentours ? par anciens de quelle période parlez-vous ? Néolithique ? le Bronze ancien ? le Xème siècle av JC ? la période laténienne ? la période gallo-romaine ? après ?
Voilà un des problèmes essentiels dans les hypothèses devenant postulats de M. Mourey : il affirme, décrète mais ne nous fournit rien de probant, pertinent, objectif pour supporter sa localisation de Bibracte ;
enfin si nous ajoutons l’imprécision, le caractère plus que vague et confus de ces hypothèses, plus certaines de ces fantaisistes interprétations : à l’évidence toute personne se soumettant à la rigueur et à l’objectivité scientifique ne peut soutenir ou justifier des fouilles au Mont Saint Vincent. Ce qui ne veut pas dire que dans l’absolu ces personnes récusent l’existence probable ou possible d’une implantation humaine préhistorique ou historique sur ce site.
Si en renvoyant à l’imagination comme vous aimez le faire, et en cela vous avez raison bien que dans les domaines qui nous concernent il faudrait préférer l’emploi du terme intuition, il faut savoir parvenir à un juste équilibre entre intuition et rigueur/objectivité intellectuelle et scientifique : en conservant un rapport neutre à l’hypothèse de travail, neutralité face aux sources, et dans le traitement des diverses données historiques, archéologiques, anthropologiques, linguistiques, génétiques, etc…
Bref avec trop d’intuition, nous sommes dans le fictionnel, le mythique, avec trop de rigueur nous sommes enfermés dans le dogme : dans les deux cas s’installe un rapport passionnel qui si il n’est pas contraint et/ou dominé amène à des impasses et à un enfermement intenable.
Voilà mes reproches à M. Mourey : son passage du registre intuition à fiction par défaut de rigueur et d’objectivité, son enfermement ou autisme dés lors que surgit la contradiction, son impossibilité à associer rigueur et neutralité à ses intuitions potentiellement justes et son rapport émotionnel (bataille d’egos) à des questions qui relèvent du champ de l’hypothèse historique .
Et je ne peux donc en vertu des éléments qu’il me fournir considérer ses hypothèses autrement que comme des fantaisies ou rêveries d’un historien amateur un peu trop passionné, voir auto-contemplatif.
Cela a toujours été ma position depuis que cet échangé a débuté : et je me répète que M. Mourey nous fournisse des faits et éléments objectifs supportant ses hypothèses ; ou bien encore vous-même puisque vous supportez ses vues et positions.
enfin, je le rappelle à nouveau : mes questions principales considèrent la théorie jusque là infondée ou purement fantaisiste d’une colonisation de la Bourgogne issue de l’espace cananéo-phénicien.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération

