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Mathieu Leboulanger 10 décembre 2006 08:37

Voici ma réponse sans « idéologie inside » au modèle que nous propose Candide2. Une rapide critique sur ses hypothèses de départ suffit à remettre en cause les conclusions alarmantes qui sont présentées.

Candide2 nous fait remarquer que la complexité des tâches augmente dans notre société et qu’elle augmente a priori pour toutes les tâches. Vrai pour les tâches industrielles. L’existence de chaînes d’ouvriers soudant de petits composants sur circuit imprimé est amenée à disparaître, la miniaturisation dans le secteur de l’électronique notamment impose la robotisation. Mais en est-il de même pour tous les types d’emplois ? Les métiers de service ne sont pas concernés par cette croissance exponentielle de la complexité des tâches : votre coiffeur utilise toujours une paire de ciseaux non ? La translation uniforme du simple vers le complexe de la courbe de Gauss représentant la répartition de la complexité des tâches me paraît donc erronnée sur ce point.

Par ailleurs, sommes nous bien sûr que la capacité de notre société à s’adapter à des tâches complexes est fixe ? Raisonnons sur la recherche scientifique, « le sommet de la cloche de Gauss » y est mobilisé. Les Galilée, Newton et autres génies en leur temps ont travaillé sur les bases de la mécanique céleste . Bien qu’élémentaire maintenant, la complexité de leur tâche ex nihilo à leur époque est comparable à la complexité à laquelle sont confrontés les astrophycisiens aujourd’hui sur des problèmes faisant appel à un plus grand niveau d’abstraction (Essayez de comprendre la théorie des cordes !). La raison : du savoir s’est accumulé, des techniques ont été mises au point qui permettent à l’homme, à même niveau d’abstraction, de comprendre et d’appréhender des tâches plus complexe dans l’absolu. La courbe de Gauss représentant la capacité d’abstraction de l’homme doit donc être complétée par un facteur représentant l’évolution du savoir et de la technique dans notre société. On comprend alors que cette nouvelle cloche se translate elle aussi dans le temps, et peut suivre l’évolution de la complexité des tâches.

Conclusion : Des modèles comme celui que Candide2 nous propose nous aident à réfléchir sur les mécanismes qui gèrent l’évolution de notre société. Essayons simplement de partir sur de bonnes bases et de ne pas oublier les bonnes hypothèses de départ ! smiley

Un peu d’idéologie pour la fin : et quand bien même ces résultats seraient corrects, pourquoi ne partagerions pas notre temps de travail pour endiguer le chômage ? Moins de travail = plus de de loisirs, plus d’emplois de services crées. C’est vertueux non ? Gros bémol : ça ne marche pas si la France est le seul pays à réduire son temps de travail... moins de compétitivité des entreprises à l’international = moins d’emplois crées, plus de chômage. Comme quoi une idéologie même partant d’un bon sentiment n’est pas toujours applicable.

Français, regardons plus loin que le bout de notre nez, le monde n’est pas hostile et aujourd’hui il faut d’abord nous projeter vers notre environnement extérieur pour décider de ce qu’est la stratégie à adopter pour être compétitif à l’international. Les promesses des politiques pour faciliter à court terme notre train train quotidien français sont pure démagogie et ne font pas avancer le Schmilblick. Comment réformer l’éducation supérieure, comment améliorer la recherche de nos entreprises, ça ce sont les débats que nous voulons entendre ! smiley



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