La loi sur le voile intégral est
devenu une urgence, comme si cette pratique confinait au terrorisme
et était en passe de se généraliser sur le territoire.
Je
suis totalement abasourdie par les arguments évoqués pour justifier
cette interdiction.
Lorsque la République Laïque
colonisait les pays du Maghreb personne ne s’offusquait de la
présence d’« indigènes » voilées.
Curieusement
c’est avec la même condescendance qu’aujourd’hui on considère que
les femmes musulmanes habitant les quartiers populaires risquent
toutes de devenir esclaves de leurs maris, pères ou frères.
D’une
pratique marginale on fait un risque majeur, considérant que
potentiellement les hommes musulmans veulent séquestrer leurs femmes
et que celles-ci n ’auront pour seul choix de se laisser faire. Ceci
est méprisable pour les uns et les autres.
La convergence sur
ce sujet entre des personnalités qui se disent de gauche, voire des
maires PC et l’extrême-droite me laisse totalement perplexe : quel
consensus peut-il y avoir autre que l’anathème porté sur la 2°
religion pratiquée en France.
Quant à Fadéla Amara, sa
prestation sur France-Inter n’est pas digne de sa fonction tant
par la forme que par le contenu : à l’écouter on a le sentiment que
la dignité de la femme est massivement bafouée dans les foyers des
cités au point que ces femmes sont littéralement prisonnières chez
elles.
Comment peut-on aussi radicalement
accuser ses concitoyens de telles pratiques ?
Lorsqu’une loi doit être votée
d’urgence pour régler un problème concernant une infime minorité,
pour satisfaire la partie la plus glauque de l’opinion, c’est la
dignité de la loi qui est bafouée.