Bonjour Jacques,
Vous écrivez « La laïcité comme vous le proposez amènera le retour du blasphème et toutes critiques du fait religieux. »
Faisons d’abord la part des choses. Le blasphème n’est pas synonyme de critique. Le blasphème n’a de sens que dans la relation croyant/Eglise (sous quelque forme que ce soit). Il est circonscrit à un dogme. Lorsque des propos sont tenus dans la sphère publique, par exemple par des humoristes, ces derniers se placent en dehors des dogmes. Il n’y a donc pas blasphème. Et si certains se trouvent choqués, c’est qu’il n’ont peut-être pas le recul nécessaire pour apprécier. Nous ne pouvons cependant pas demander à tout le monde de s’extraire de ce à quoi il croit. On peut aussi critiquer l’influence des institutions religieuses sans être athée. La laïcité n’est pas la négation de la religion. Voltaire en fut le plus bel artisan.
La question du blasphème est aussi intéressante parce qu’elle questionne sur ce que nous considérons comme sacré. N’y-a-t-il pas une sacralisation de la laïcité également ? La République est respectable. Quelques-uns peuvent être animés par la foi dans la République. Rappelez-vous les épisodes où l’on s’offusquait que certains puissent siffler La Marseillaise.