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easy 17 août 2010 14:06
easy

Toure ma vie, j’ai fait des travaux dont je voyais nettement la finalité. Quelle que soit la peine et les blessures physiques, quand on voit les clients jouir de notre travail et notre famille profiter des récompenses, on aime notre travail (même quand il s’agit de poser des chiottes)

Mais de nos jours, il y a une masse énorme de jobs où le travailleur ne voit pas la finalité de ses efforts ou, quand il la voit, il observe en même temps que c’est son chef qui récolte les bravos.


Pendant les années charbon, les mineurs s’étaient fait bourrer le mou avec la notion de service qu’ils rendaient à la France en se sacrifiant au fond des mines. Propagande ou pas, c’était vrai. Oui leurs efforts servaient directement au plaisir et au confort des Français. Mais quand on bosse dans une usine de sushis qui vont partir on ne sait où, qui seront dégustés par on ne sait qui sans que jamais personne ne nous dise « Whahhh que c’est bon ! » on ne trouve pas de plaisir à se sacrifier.

Dans le cinéma, quasiment tous ceux qui ont participé à un film, d’une part peuvent jouir du film comme tout le monde voire pour moins cher, d’autre part ont leur nom au générique.

Dans tous les autres jobs, en dehors de l’artisanat, les travailleurs sont déniés du générique. Quand on se rappelle combien un merci ou un bravo font du bien à celui qui s’est défoncé, on comprend que tant de travailleurs soient aujourd’hui démoralisés.

Le comble c’est que du côté consommateur et en tous cas pour les produits alimentaires (plus évocateurs du foyer) il y a un désir de ressentir la présence d’une personne, d’une personnalité derrière l’étiquette. On a alors des entreprises qui nous vendent du Bonne maman, du Mamie Nova, du Uncle Ben, de la belle des champs, du Monsieur propre, du je le vaux bien, du What else, mais qui dissimulent parfaitement les vraies personnes qui ont collaboré à ce produit.

Il n’y aurait que dans le commerce équitable où l’on commencerait à voir un peu qui a travaillé, même si c’est encore assez souvent fantasmatique.





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