Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux
inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de
le secouer ; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (...) Ceux-là ayant
l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les
ignorants encroûtés, tel Alchimie, de voir ce qui est à leurs pieds, sans
regarder ni derrière, ni devant ; ils rappellent au contraire les choses passées
pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir. Ce sont ceux qui
ayant d’eux-mêmes l’esprit droit, l’ont encore rectifié par l’étude et le
savoir. Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce
monde, l’y ramèneraient ; car la sentant vivement, l’ayant savourée et
conservant son germe en leur esprit, la servitude ne pourrait jamais les
séduire, pour si bien qu’on l’accoutrât.