Sur le fond du problème, je vais dire un truisme, mais il faut savoir ce qu’on veut dans notre société (en admettant que nous qui dissertons ici avec le sentiment de toute-puissance de nos claviers aient la moindre chance de faire entendre nos opinions....).
Le vivre ensemble... qui se passe de toute définition, ou le
vivre côte à côte, ce qui correspond plutôt aux tenants du communautarisme.
Je m’explique : les deux activités les plus intimes de l’homme sont l’alimentation et le sexe. L’étude des castes en Inde nous apprend que ce sont précisément ces deux activités qui sont tabous entre membres de castes différentes.
Or il se développe parmi nous ce même exclusivisme - dans les formes rigoristes (ou simplement formalistes) de l’Islam et du Judaïsme on ne peut manger que du halal ou du cacher, et on ne saurait s’unir qu’à quelqu’un de sa communauté.
Les autres sont donc présumés impurs et non fréquentables,sauf dans la sphère purement publique.
C’est le vivre côte à côte qui est la négation du vivre ensemble.
C’est la complaisance qui entoure ces manifestations d’exclusivisme qui m’énerve. L’autre jour, à l’école de la République, on a servi d’office à ma petite fille de six ans un menu « sans porc », sans rien lui demander, uniquement parce qu’en tant que métisse on l’a présumée musulmane. C’est un symptôme plutôt grave.
Maintenant, comme je l’ai écrit ailleurs, c’est une manifestation de plus de la tribalisation, encouragée par les grands groupes des médias et les annonceurs afin de s’adresser à des niches de consommateurs nombreuses et bien définies... Qui répond à la perte de l’identité nationale.