Les principaux chefs de la Collaboration ont traversé, chacun à sa
manière, une phase de dénonciation de la haine antijuive ; beaucoup
furent même militants de la Ligue internationale contre l’antisémitisme
(LICA). Réciproquement, de nombreux résistants, et non des moindres,
sont originaires d’une extrême droite nationaliste qui, dans les années
1930, fut fertile en prises de positions hostiles aux Juifs.
En septembre 1939 quand la deuxième guerre mondiale éclate, de nombreux
militants de la LICA sont mobilisés, beaucoup partent volontaires pour
la durée des hostilités. En France occupée, la LICA est dissoute par les
autorités de Vichy,
se reconstitue dans la clandestinité pour venir en aide aux victimes
des lois anti-juives, en leur trouvant des caches en Province, en leur
fournissant des faux papiers d’identité, en créant des réseaux d’évasion
vers la Suisse, l’Espagne et l’Angleterre. Néanmoins nombreux sont les
anciens membres de la LICA à participer au régime de Vichy.