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easy 8 avril 2011 20:16
easy


Je voulais vous amener à écrire ça


«  »«  »«  » Autant que je sache, personne n’a réussi à déclencher une guerre sur la simple base d’arguments relevant d’un caractère purement subjectif.

Vous théorisez dans l’abstrait, ça ne conduit nulle part.  «  »«  »«  »


Et maintenant je vais prendre des exemples



Les guerres d’honneur.
La guerre de Troie. Posons qu’elle n’ait pas existé mais que son histoire soit plausible. On a donc un Ménélas qui part faire la guerre contre Troie pour y récupérer Hélène. Le prétexte de cette récupération est-il objectif ou purement subjectif ? 

Pour Dieu et pour autant que je me fasse une idée juste de ses pensées, une récupération d’épouse ne peut pas justifier des montagnes de morts.
Mais pour les hommes de l’époque et pour ceux d’aujourd’hui, l’enlèvement d’Hélène justifie un massacre.
Pourquoi ne trouvons-nous pas normal qu’un mari cherchant à récupérer sa femme en vienne à tuer son rival et trouvons-nous normal que si un prince étranger enlève notre Carla, il faille partir en guerre contre son peuple, y participer et y laisser sa peau ?

Ce qui fait la différence entre une reine et une gueuse comporte des éléments factuels (par exemple un mariage, un sacre, un lignage) mais tous ces faits ne tiennent que par empilement de subjectivités, dont celle de la beauté et de la réputation.
Si demain nous avons à faire la guerre contre un prince qui aura enlevé Carla, ce sera certes parce qu’elle est factuellement première dame mais si elle est première dame c’est pour des raisons subjectives qui appartiennent à notre roi. Notre roi ne nous dira pas « Il faut faire la guerre pour récupérer Carla parce que je la trouve belle » Ce serait avouer trop de subjectivité personnelle. Il nous dira « Il faut faire la guerre parce qu’il y a de l’honneur de notre pays » ce qui semblera un peu plus factuel et surtout partagé.

 Des guerres d’honneur, il y en a eu des millions.




Les guerres territoriales.
Lorsque des pays se font la guerre pour des questions territoriales, chacun tente de présenter des titres de propriété. Mais étrangement, les titres de l’un ne valent rien aux yeux de l’autre.
Pourquoi des choses aussi concrètes que des documents sur papier peuvent être rejetées par un ennemi ? Parce qu’au fond, tous les titres sont bidons puisqu’ils s’appuient tous sur des titres et échanges antérieurs aussi bidons. A la base, concernant la terre, le ciel et la mer, il n’y a pas de titre de propriété. Et ce n’est que par autorité qu’un premier type a affirmé ses droits sur une terre et se sera permis de les céder à un tiers contre quelque chose. 
Pour tous les peuples qui ont vécu « depuis toujours » sur une terre, les titres de propriété que s’échangent les colons sont purement subjectifs et très contestables.
Des guerres territoriales il y en a eu des millions.


Toutes les guerres paraissent fondées sur des arguments factuels qui ne sont en réalité qu’un empilement de bricolages moins factuels qui ne sont que des châteaux de cartes subjectives. 

C’est un peu ce qu’avait fini par comprendre Charles Quint et qui l’a conduit à renoncer à ces fadaises dans lesquelles on l’avait enfermé.




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