Cher Paul Villach
Vous auriez pu faire avocat de la défense. Votre article est le plus convaincant que j’ai lu sur l’hypothèse de la machination. Néanmoins, essayons d’examiner l’hypothèse selon laquelle la femme de chambre dit la stricte vérité.
Effectivement, j’ai remarqué que que, à chaque fois que j’ai séjourné dans un hôtel, le ménage des chambres se fait entre 11 h et 13 heures, heure à laquelle l’immense majorité des clients d’hôtel est en train de faire du tourisme ou de prendre son repas du midi plutôt que d’être dans sa chambre. Une femme de ménage peut dans certains cas frapper à la porte , n’entendre personne répondre parce que le client est sous la douche. Il n’est donc pas impossible qu’elle soit tombée sur DSK au sortir de sa douche.
Reste à savoir si ce dernier peut être considéré comme un agresseur sexuel.
Il existe un continuum de comportements d’approche sexuelle de l’homme vers la femme qui va de la séduction normale jusqu’au viol en passant par des comportements intermédiaires tels que insistance lourdingue, comportements déplacés ou collants, sifflets, harcèlement sexuel, main aux fesses, menaces ou agressions plus ou moins importante et enfin viol.
Il semble y avoir eu une certaine omerta journalistique par rapport au fait que DSK était assez souvent dans cette catégorie intermédiaire entre approche normale et pathologique, et qu’il était peut-être ce que les américains appellent un « sexoholic » ( sorte de drogué du sexe qui en vient à se comporter de façon très limite et sans penser aux conséquences assez souvent ). Il y a eu en particulier l’affaire Tristane Banon, qui semble du même genre que cette qui vaut à DSK son inculpation par la justice américaine, à la différence que la mère de Tristane Banon avait commis l’erreur de la dissuader de porter plainte.
Certaines statistiques en France laissent supposer que seulement un petit pourcentage d’agressions sexuelles arrivent devant les tribunaux. Rien ne permet d’exclure le fait que cette affaire américaine ne soit que la petite portion visible de l’iceberg, dont la plus grande partie est restée cachée, du moins pour l’instant , du comportement sexuel pathologique de DSK( hésitation des victimes à porter plainte, compensations financières pour éviter des plaintes sont des scénarios envisageables. )
Reste qu’un des aspects intéressants de cette affaire est de savoir pourquoi le fait que certaines casseroles qui étaient semble t-il connues de certains milieux parisiens « bien informés » ne sont pas apparues au grand jour en temps utile. Autrement dit, pourquoi la presse n’a rien dit de ce qu’elle savait ou subodorait , ou bien pourquoi n’a t-elle pas enquêté sur certaines rumeurs ?
Quel intérêt ont eu certains journalistes à « ne pas faire savoir » certains faits ?
Par ailleurs, une hypothèse n’a pas été soulevée par les médias : certains troubles organiques cérébraux , comme la maladie de Pick , qui débutent vers 60 ans, peuvent avoir comme premiers symptômes une déshinibition des comportements par rapport aux normes sociales, avant que ne s’installent des signes de détérioration intellectuelle. ( Le cas typique est celui du PDG qui se lève en plein conseil d’administration, pisse contre un mur et répond à ceux qui s’en étonnent : ben quoi ? J’avais envie de pisser ! ). Ces cas sont rares, mais existent, un examen neuro-psychiatrique sera nécessaire à un moment ou à un autre de l’enquête.
Dans une telle maladie , un agresseur sexuel pourrait très bien avoir oublié la chose cinq minutes après...