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zvince 21 juin 2011 00:15

Je n’ai pas lu l’article en détail, ni la totalité des commentaires, honte à moi !

Par contre, au sujet de la faillite (financière) des états, quelque chose me turlupine.
On nous bassine avec des phrases du genre « l’état vit au dessus de ses moyens, ça ne peut plus durer », « on dépense trop dans ce pays, il faut que ça cesse ». Discours relayé par les agences de notations qui dégradent ceux qui ne baissent pas assez les dépenses.

C’est vrai qu’il y a un problème de déficit dans de nombreux pays. Dont la France.
Donc, chez nous, pour sortir le pays de la mouise, on a fait la RGPP, avec comme mesure phare le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite.
Economie : 500 millions par an. Cumulé sur 4 ans ça nous fait 2 milliards. Extraordinaire !!! En même temps, 2 milliards, ça fait 0,1 point de PIB, c’est-à-dire 0,1%.

Oublions la crise, et focalisons nous sur l’objectif, au sens de Maastricht : 3% de déficit. Je ne reviendrai pas sur le nombre de fonctionnaires à ne pas remplacer pour économiser 1 point de PIB (20 milliards, soit 1.200.000 postes). Bon, ça c’est fait ...

Par contre, quelque chose me chagrine. Pour faire baisser le déficit, on peut diminuer les dépenses, augmenter les recettes, ou les deux. Vu qu’on ne veut pas augmenter les impôts, (qui ne sont pas très élevés en France par rapport aux autres pays européens) nous sommes dans un pays libéral. Augmenter les impôts (donc les recettes de l’état) ça tue l’économie. Par contre, baisser les impôts stimule l’économie. Bref, le crédo libéral.

Depuis le retour de la droite au pouvoir en 2002, les recettes fiscales de l’état (IR, IS, ISF, TVA, TIPP, droits de succession et de mutation ...) sont passées de 19,5% du PIB à 15% du PIB.. Soit une baisse de 4,5 points de PIB. Aujourd’hui, cela représente 90 milliards de recettes perdues chaque année. La RGPP fait économiser à peine 1% de cette somme ...

Depuis des années, les dépenses sont contenues. Mais les recettes baissent inexorablement. Aujourd’hui on nous dit qu’on dépense trop, que ça ne peut plus durer, que nous allons léguer nos dettes aux générations futures ...
Mais dans le même temps, on organise la baisse des recettes de l’état, et on maintient le déficit quelles que soient les économies réalisées.
Selon le crédo libéral, c’est bien. Trop d’impôt tue l’impôt, baisser les impôts stimule l’économie.

Depuis 2002, nous avons eu 2,5% de croissance en 2004, 2,4% en 2007, et 2,2% en 2006 (pour le reste, c’est en dessous de 2%). Où est la stimulation de l’économie ? Sarkozy prétendait en 2007 qu’il irait chercher le point de croissance qui nous manque avec les dents si il le faut. Mais bordel, faire baisser l’impôt de 4,5 points de PIB, si ça ne suffit pas, que faut-il faire ? Supprimer l’impôt ? faire payer les charges sociales par l’état ? (sans augmenter l’impôt bien sûr), jouer au loto ?.

Quand on parle d’état en faillite, on devrait se demander si cette faillite n’est pas organisée par l’état lui-même. Dans l’intérêt de qui ? De la majorité de la population, qui va devoir se serrer la ceinture ? Ou d’une minorité, qui tirera bénéfice (comme toujours) de la situation ?



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